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6 juin 2016

Les neurones de la vitesse

Notre cerveau est bien fait: on a des neurones sensibles à la vitesse! De là à les incriminer quand on sent une irrésistible envie d’appuyer sur le champignon…

Illustration symbolique d'un homme se penchant sur en piscine en forme de tête

Notre cerveau est bien fait: on a des neurones sensibles à la vitesse! De là à les incriminer quand on sent une irrésistible envie d’appuyer sur le champignon… Encore que. Ce sont quand même eux qui s’activent d’autant plus à fond que le paysage défile vite. Même les yeux fermés ou dans le noir. Pas visuels, ces neurones travaillent grâce à des informations de notre système moteur, qui viennent donc des muscles et des articulations.

Grâce à ces neurones de vitesse, le cerveau sait à quelle vitesse on se déplace. Et surtout, il peut se repérer. Car il calcule. Il traduit la vitesse en distance. La vitesse serait pour le cerveau la mesure de l’espace, selon une découverte récente qui a valu le Prix Nobel aux chercheurs norvégiens May-Britt et Edvard Moser qui travaillent sur notre GPS cérébral.

Mais face à la vitesse virtuelle des informations dans un monde qui va toujours plus vite, notre cerveau se laisse entraîner. Et en perd sa capacité à attendre. Ce n’est certes pas la même partie du bulbe qui traite. Là, c’est notre capacité de contrôle cognitif qui entre en action. Et elle s’entraîne. Mais une société du «tout, tout de suite» ne l’aide pas. Ajoutez le stress engendré par un monde toujours plus rapide et vous saurez pourquoi patienter – derrière son écran d’ordinateur qui patauge en chargeant une page ou dans la file d’attente d’un magasin – donne envie de prendre ses jambes à son cou. Et vite.

Texte: © Migros Magazine | Isabelle Kottelat

Auteur: Isabelle Kottelat