Archives
22 juin 2015

Les pipoles en vacances

Issues du monde de la culture, des arts, du sport, de la politique et des médias, six personnalités romandes lèvent le voile sur leurs activités estivales. Pour le meilleur évidemment!

Metin Arditi photo
Metin Arditi passe tous ses étés sur une petite île grecque.

Metin Arditi, écrivain et mécène

Metin Arditi photo.
Metin Arditi.

Destination «Je passe l’essentiel de mes étés depuis quarante ans sur une petite île grecque appelée Spetses, au large du Péloponnèse. Il y a plusieurs éléments qui expliquent une telle fidélité, un tel attachement. Je crois que le plus important critère est la beauté du lieu. L’île est entourée d’une multitude de petites criques, qui sont autant de coins ravissants. Les plages sont faites de galets, c’est dire que les pieds souffrent un peu, mais en contrepartie les eaux sont d’une clarté extraordinaire. Ce qui frappe dans ces criques est l’équilibre parfait qui y règne, entre mer, ciel, eaux et, bien sûr, collines. Cette harmonie entre toutes choses et la simplicité de cette île – elle n’a pas de grosses infrastructures touristiques –, tout cela contribue à créer un sentiment de grande sérénité. On est pris par la beauté des lieux, elle nous apaise et, je le crois fortement, nous rend plus sages.Je vais chaque jour ou presque dans une autre crique. Souvent on y est seul. J’emporte ce que les Grecs du temps de Périclès emportaient sans doute, du fromage feta, des tomates, des olives, du pain et quelques fruits. Je ne crois pas que l’on puisse rêver à vacances plus simples.»

L’essentiel qu’il emporte «Du papier, des crayons et le manuscrit de mon dernier roman, qui paraîtra l’année prochaine.»

Le meilleur souvenir «Avoir construit ma première maison sur cette île.»

Et le pire… «A chaque fin d’été, devoir quitter Spetses. Je ne m’y ferai jamais.»

Adèle Thorens, conseillère nationale (Verts/VD)

Adèle Thorens photo.
Adèle Thorens.

Destination «Comme on a les élections fédérales en octobre, je vais passer un été studieux. J’aurai toutefois moins d’activités parlementaires. Je vais en profiter pour être tranquille en famille! J’espère pouvoir faire des week-ends prolongés peut-être dans le Jura ou les Préalpes vaudoises. J’aime le Jura pour ses forêts et ses pâturages boisés. Et puis, c’est une histoire familiale, puisque je suis originaire de Sainte-Croix. En fait, je ne cherche pas le challenge, pendant les vacances. Mais plutôt une normalité du quotidien, qui me manque parfois avec mon rythme de vie professionnelle. Les vacances, c’est prendre le temps de vivre. Je suis davantage slow-tourisme que trek à l’autre bout du monde.»

L’essentiel qu’elle emporte «Ma fille, mon mari, mon chien, mes chaussures de marche et peut-être un roman.»

Le meilleur souvenir «Les vacances que j’ai faites il y a huit ans environ: une semaine de marche sur le chemin des Crêtes, de Bâle au Creux du Van. C’était très exotique, non dans le paysage, mais dans la réappropriation du territoire et du temps par la lenteur de la marche. C’était reposant, même si on marchait six heures par jour. J’espère d’ailleurs terminer un jour cet itinéraire, en allant jusqu’à La Rippe, mon village d’enfance.»

Et le pire… «Je n’ai pas de mauvais souvenirs, vu que je fais plutôt des vacances calmes en Provence avec des amis ou en Corse, où mon mari a de la famille. Mon aventure, c’est mon engagement politique. Du coup, j’ai peu de péripéties de vacances à raconter…»

Benjamin Cuche, humoriste

Benjamin Cuche photo.
Benjamin Cuche.

Destination «Cet été, nous partons deux semaines au Québec en famille. L’Amérique du Nord en français, c’est génial! J’en profiterai pour aller voir un spectacle de cirque à Montréal, avec lequel nous projetons de travailler avec Jean-Luc Barbezat. Et puis, manger des crêpes au sirop d’érable en regardant les baleines à Tadoussac est quelque chose que j’ai toujours voulu partager avec mes enfants. Je ne sais pas du tout d’ailleurs comment ils vont réagir: les deux grands de 14 ans risquent d’apprécier, mais les petits de 4 et 6 ans seront peut-être juste contents de jeter des cailloux dans l’eau!»

L’essentiel qu’il emporte «Un appareil photo ou plutôt mon téléphone avec lequel je fais tout, des photos, des petits films… Ma compagne a tout prévu, réservé les hôtels, et c’est elle qui emporte le guide.

Le meilleur souvenir «C’est souvent lié… les pires moments deviennent les meilleurs souvenirs, non? Disons que, parmi les meilleurs, je garderais la grande baie vitrée sur le Saint-Laurent avec Barbezat, il y a une vingtaine d’années…»

Et le pire… «C’est quand on avait juste de quoi se payer le billet Interrail et qu’on partait, le sac à dos rempli de boîtes de poissons à l’huile, prises dans l’armoire de nos parents. On dormait sous les ponts à Paris, on était assez insouciants. On se déplaçait aussi en stop. Je me souviens d’avoir passé une journée à attendre au bord de la route à Avignon, sous la canicule, en buvant du coca-cola chaud dans une bouteille plastique, parce que Barbezat voulait me montrer la mer… On a fini par arriver à Cannes. Ça reste des souvenirs impérissables!»

Dominique Perret, champion du monde de ski freeride

Dominique Perret photo.
Dominique Perret.

Destination «Cet été sera chargé! Vu que je travaille intensément sur le projet ISTA, un tout nouveau programme de formation international lié à la connaissance et à la prévention des risques d’avalanches, je vais dans le Colorado et les Rocheuses pour visiter une douzaine de stations de ski. Mais ce sera un doux mélange de travail et de vacances... Sinon je vais prendre aussi cinq jours avec mon fils Charles, 21 ans, pour faire un road-trip helvétique à moto. Ça fait trente ans que je roule en Harley et mon fils vient d’en acquérir une, c’est l’occasion de partir ensemble à l’encontre des grands cols alpins de l’Engadine, de l’Italie et de l’Autriche. Je me réjouis beaucoup de me retrouver avec lui sur toutes ces routes mythiques.»

L’essentiel qu’il emporte «Je pars presque sans bagages, l’idée est de voyager léger. Une veste pour la pluie, une carte de crédit et vive la vie! On va se laisser conduire par la route. La moto se prête bien à ce genre d’aventure, on sent les odeurs, on a une plus grande liberté de mouvement.»

Le meilleur souvenir «Chaque voyage a eu son lot de bonheur et de découvertes, je ne pourrais pas en citer un plutôt qu’un autre. Disons que j’aimerais toujours avoir cette disponibilité de voyager, bouger, aller voir et rencontrer.

Et le pire… «C’était pendant l’été de mes 20 ans. L’école de recrues que j’ai faite pendant mes vacances. Tous mes potes partaient à l’étranger et moi, je me retrouvais pendant quatre mois sous les drapeaux. Ce n’était vraiment pas drôle.»

Martina Chyba, journaliste et productrice à la RTS

Martina Chyba photo.
Martina Chyba.

Destination «Deux semaines à Rhodes avec mes enfants et ensuite une semaine de course en montagne dans les Vosges avec une amie pour préparer le marathon d’Amsterdam.La Grèce, parce que ma fille étudie latin-grec et qu’elle faisait la remarque qu’on n’y allait jamais. Il y a les visites archéologiques, la mer et une nourriture au top. Et les Vosges, parce qu’il y a une station de trail avec des parcours fléchés et un hôtel avec un jacuzzi. L’an dernier, nous étions dans le Vercors, six jours de course sous la pluie… Cette année, nous visons au moins un jour de soleil!»

L’essentiel qu’elle emporte «Des livres, ma liseuse électronique et mes chaussures de course. Le reste n’est que garniture.»

Le meilleur souvenir «C’est facile, mon fils est né le 5 août. Donc vacances à la maison avec 30 kilos de plus, pendant la canicule, et j’ai accouché le samedi du feu d’artifice des fêtes de Genève. Pendant longtemps, nous avons raconté à mon fils que les feux étaient pour sa naissance!»

Et le pire… «Ouh, j’en ai des tas!…Un trekking au Pérou il y a vingt-cinq ans où nous avons été agressés pendant la nuit sous notre tente. Comme il y avait le groupe terroriste du Sentier Lumineux dans le coin, j’ai cru que j’allais mourir là et qu’on ne retrouverait jamais mon corps (rires). Autrement il y a l’hôpital d’une île près d’Itaparica au Brésil, je suis ressortie direct et j’ai été me faire soigner par un sorcier du coin qui m’a tapé plein d’argent… Mais ça a marché!»

Chantal Prod’Hom, directrice du Mudac et du Pôle muséal

Chantal Prod'Hom photo.
Chantal Prod'Hom.

Destination «Comme j’ai la chance de beaucoup voyager dans mon travail, je me réjouis de faire du cocooning pendant les vacances! C’est mon vrai plaisir: pratiquer quelques activités sportives et prendre le temps de lire, de vivre sans avoir d’horaires. Juste laisser les heures s’étirer normalement. Vivre sans agenda me détend profondément. Je vais donc m’arrêter trois semaines et partir chez différents amis en France. Ce sera un petit périple entre la Bourgogne, l’Ardèche et le Gard. Et j’emporte une sélection de livres, dont un roman de Jean d’Ormesson et le dernier ouvrage de Houellebecq.

L’essentiel qu’elle emporte «Toujours un costume de bain pour nager en piscine ou dans la mer. Mes chaussures de sport, parce que j’adore faire de belles balades dans la garrigue tôt le matin. Et ma pile de livres bien sûr. Je n’arrive pas à lire sur tablette, j’ai besoin du plaisir physique de la lecture!

Le meilleur souvenir «J’ai passé un été sur le voilier d’Asher Edelman dans le Pacifique. J’ai mis quarante-huit heures pour arriver là-bas dans l’île de Yap, un caillou perdu au milieu de nulle part. C’était vraiment dépaysant et exceptionnel, un voyage sublime, même si j’ai eu un mal de mer épouvantable!»

Et le pire… «Quand on partait en famille pour les plages de l’Adriatique, j’étais toujours malade en voiture. On devait parfois s’arrêter déjà à Montreux... J’avais honte de chaque fois ralentir le voyage. Mais sinon, je n’ai pas de souvenirs horribles de vacances.»

Auteur: Patricia Brambilla, Alain Portner

Photographe: François Wavre