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9 décembre 2013

Les sapins de Noël

En cette période de fêtes de fin d'année, vous auriez particulièrement tort de penser que sapin égale sapin. Isabelle Kottelat se charge de remettre les pendules à l'heure du réveillon et vous aiguille dans le choix du plus noble de vos hôtes, qui trônera cette année dans votre salon en toute connaissance de cause.

Dessin d'un sapin de Noël avec une capuche en neige sur la couronne et une pelle posée contre le tronc.
Le beau sapin, roi des forêts.

Il y a les adeptes du tout en plastique. De ceux qui s’ouvrent en parapluie. Pour les autres, pas besoin pour autant de sortir sa hache et de partir en forêt. Les arbres de Noël arrivent prêts à décorer. En Suisse, on en vend environ 1 million chaque année. Mais ils ne sont pas tous élevés au pays.

Seulement 40% d’entre eux grandissent dans nos forêts (pour un quart), issus d’éclaircies et de plantations sous les lignes électriques, et sur les terres de nos agriculteurs (pour trois quarts). Ce qui leur garantit quelques revenus subsidiaires intéressants. Mais bon, il faut quand même attendre sept à huit ans pour obtenir un beau triangle à décorer.

Les autres, il faut aller les chercher au Nord, principalement au Danemark. Ils sont coupés vers la mi-novembre et mis au frigo en attendant d’arriver, frais, dans nos salons. Les spécimens suisses, eux, sont abattus au dernier moment et ne voyagent que sur de courtes distances.

Les préférés des Suisses, ce sont les Nordmann aux aiguilles souples, denses, soyeuses et plus régulières. Qu’ils ne perdent pas. On les trouvait d’abord en Russie mais on en cultive maintenant aussi par chez nous. Ils ont pris le nom du botaniste finlandais Alexander von Nordmann qui en a découvert la variété parmi plus de 2000 spécimens de plantes et d’insectes récoltés lors d’une expédition dans le Caucase. Il s’en vend aujourd’hui des millions dans le monde.

Plus fréquent mais parfois déplumé, le sapin rouge ou épicéa a l’avantage d’être moins cher, de sentir bon la résine et de pouvoir présenter un pedigree bien de chez nous, tout comme le sapin blanc. Mais le désavantage de sécher plus vite des aiguilles. Les essences plus exotiques que sont l’épicéa bleu, le blanc ou celui d’Engelmann, le sapin lasiocarpa – de couleur argentée – ou le sapin noble plutôt vert bleuté nous venaient d’Amérique du Nord. A la base. Avant d’être adoptées en Europe.

Auteur: Isabelle Kottelat

Photographe: Konrad Beck