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4 juin 2012

Les tiques vont tiquer… un jour

Bonne nouvelle: une équipe de chercheurs de l’Université des sciences appliquées de Zurich est en train d’inventer un piège à tiques.

Dessin de tique
En plus de nous siroter quelques gouttes de rouge, ces suceurs de sang peuvent nous refiler deux maladies difficilement curables: la borréliose (ou maladie de Lyme) et l’encéphalite à tiques.

Ces sales bestioles peuvent bien nous piquer tout l’été; elles risquent de se trouver fort dépourvues quand l’automne arrivera. Ou le prochain. Ou le suivant. Parce qu’une équipe de chercheurs de l’Université des sciences appliquées de Zurich est en train d’inventer un piège à tiques: séduire ces suceurs de sang avec des phéromones ou des substances humaines, pour les attirer dans un traquenard.

Et là, paf! Les vampires des forêts se font infecter par des champignons particuliers. Les mêmes déjà utilisés pour faire la fête aux hannetons. Les tiques ne survivront que quelques jours. Bien fait. Bon, ces scientifiques ne sont pour l’instant qu’au stade des essais en laboratoire. Ils viennent juste d’aller cueillir un panier de mille tiques dans les forêts du canton de Zoug. Ils en ont même reçu une cargaison de Novartis – qui en produit pour ses expériences. Ils iront poser leurs pièges dans une deuxième étape, dans les endroits vraiment infestés de tiques et aussi à haute proportion humaine, que ce soit des promeneurs ou des travailleurs des bois. Bref, là où c’est le plus utile. Car leur but n’est pas d’éradiquer les tiques, mais d’en réduire la population.

En attendant, il vaut mieux sortir couvert, les chaussettes remontées sur les pantalons longs, les manches des pulls tirées jusqu’aux poignets et embaumé de spray répulsif. Sans oublier de s’épouiller en famille au retour d’une balade en forêt – et de passer ses habits à la machine – pour s’assurer qu’aucun vampire ne reste accroché dans un pli de la nuque, des genoux ou du cuir chevelu des enfants, lieu très prisé malgré les casquettes. Parce qu’en plus de nous siroter quelques gouttes de rouge, ces suceurs de sang peuvent nous refiler deux maladies difficilement curables. La borréliose (ou maladie de Lyme) et l’encéphalite à tiques. La première est une bactérie présente dans 15 à 20% des tiques, partout en Suisse. Elle se soigne aux antibiotiques. Sur les rives sud du lac de Neuchâtel, dans la plaine de l’Orbe et en Valais, 1% des bestioles transportent la seconde, un virus, contre lequel il existe un vaccin. Il est recommandé dès l’âge de 6 ans pour les habitants de ces zones à risques.

Passez un bel été!

Auteur: Isabelle Kottelat

Photographe: Konrad Beck