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29 mai 2012

Les vertes vacances de «Marguerite»

Alors que les pâturages se parent de fleurs, les vaches montent à l'alpage. Et ce n'est pas une mince affaire!

Dessin de vache sur une montagne
Le printemps, c’est la saison 
de la montée 
à l’alpage.

Oh le joli mois de mai: les arbres et les prairies éclatent de vert quand Marguerite et ses copines montent à l’alpage, des fleurs dans leurs frisons. Poya, inalpes et désalpes ne sont pas que de folkloriques images d’Heidi pour touristes japonais en mal de Suissitude.

L’affaire concerne encore une petite moitié d’agriculteurs, qui s’exilent en altitude pour les grandes chaleurs. Et elle n’est pas mince, me racontait une amie préoccupée par ce double déménagement (montée et descente) chaque année. Avec le déplacement des vaches, évidemment, mais aussi celui des enfants! Parce que le lieu de l’estivage ne coïncide que rarement avec la commune ou même le canton de domicile. A chacun sa variante, toutefois: certains possèdent deux fermes, l’une en plaine et l’autre en altitude, comme en Gruyère; d’autres montent avec leurs bêtes et ceux de collègues sur des alpages qu’ils louent à des communes. D’autres encore payent des confrères ou des saisonniers pour s’occuper leur bétail tandis qu’ils passent l’été en plaine.

Mais Heidi est bien loin: à quoi sert donc encore de monter à l’alpage? C’est que l’herbe est bien plus verte et bien meilleure en hauteur. Surtout quand tout a été brouté en plaine, ou qu’on veut s’en garder quelques brins pour passer l’hiver. Et encore parce que, c’est bien connu, l’air des montagnes est plus sain. Pour Marguerite et ses copines aussi. Et les voyages forment la jeunesse. D’ailleurs, c’est souvent le jeune bétail – les génisses – qui a droit à ces vertes vacances. Bien que la tendance pointe à la baisse, elles concernent encore près de 385 000 bovins sur le million et demi qui rumine en Suisse.

Mais pour 2014, notre beau pays réputé pour ses fromages, ses montres et son herbage, se donne la mission de rendre l’estivage plus séduisant en augmentant l’aide financière dans sa nouvelle politique agricole. Pour le bien des vaches? Plutôt celui… des prairies. Parce que les forêts helvétiques c’est comme le désert du Sahara: elles avancent et grignotent toujours plus de surfaces exploitables.

Auteur: Isabelle Kottelat

Photographe: Konrad Beck