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21 décembre 2015

Loisirs pour tous

Dans le cadre du programme Avec moi de Caritas, des bénévoles égaient le quotidien d’enfants défavorisés. Gisele, par exemple, peut ainsi pratiquer de nombreuses activités, dont des balades à dos de poney.

Avec moi
Pour Gisele (au centre), Robert et Barbara Keller sont devenus des grands-parents de substitution.

Malgré un temps menaçant, Gisele est aujourd’hui de bonne humeur. C’est que la fillette de 9 ans se réjouit particulièrement de sa balade à dos de poney dans les environs de Scherzingen (TG). Pour cette escapade d’un genre particulier, elle sera accompagnée de Robert et Barbara Keller, 64 et 61 ans, ainsi que de l’adorable Helios.

A première vue, on pourrait penser qu’il s’agit de grands-parents désireux de passer une belle après-midi avec leur petite-fille. Sauf que les Keller ne sont pas de la famille de Gisele mais ses parrains depuis une année. Ils participent au programme Avec moi de Caritas, qui propose à des bénévoles d’offrir un peu de temps et d’attention à des enfants dans le besoin.

Gisele voit le couple Keller au moins tous les 15 jours: «Nous allons au zoo, au Technorama de Winterthour, nous nous baladons ou nous organisons des activités à la maison», raconte Gisele.

«Nous encadrons actuellement dix-huit parrainages dans le canton de Thurgovie», explique Simone Rutishauser, responsable cantonale du projet chez Caritas. Il en existe près de trois cents dans toute la Suisse.

Une chance pour tous les participants

Danser, faire des acrobaties, jouer de la musique et s’amuser avec les animaux figurent parmi les activités favorites de Gisele. «Je suis toujours contente d’aller chez les Keller. On s’amuse bien, sauf quand je dois faire mes devoirs.»

Originaire de Slovaquie, Mira, la mère de Gisele, est venue en Suisse pour rejoindre l’homme qu’elle aimait. Le couple a eu deux enfants, Melisa et Gisele, avant de se séparer. Depuis, Mira élève seule ses filles. Elle effectue de longues journées dans un foyer pour enfants handicapés, souvent même le week-end: «Cela me laisse trop peu de temps pour m’occuper de mes filles», glisse-t-elle.

Mira a souvent regretté l’absence de grands-parents qui auraient pu la soulager dans les moments difficiles, et c’est aussi pour cela qu’elle a inscrit Gisele au projet Avec moi.

Chez les Keller, un couple sans enfants, c’est Robert qui a pris l’initiative du parrainage. Après avoir pris une retraite anticipée, il souhaitait consacrer un peu de son nouveau temps libre à des enfants. Il s’est donc adressé à plusieurs œuvres d’entraide avant de retenir le projet de Caritas: «J’ai été emballé par la possibilité de m’engager pour un enfant et d’aider ainsi sa famille.» Barbara lui a emboîté le pas, et il y a un peu plus d’un an, ils ont décidé de s’inscrire.

Caritas examine les motivations des parrains potentiels à l’aune de critères sévères: «Les candidats doivent expliquer leurs raisons, présenter un extrait de leur casier judiciaire et indiquer des références», explique Simone Rutishauser. Pour que le projet débouche sur un parrainage durable, il faut encore que les différentes étapes (entretien, première rencontre avec l’enfant, période d’essai de plusieurs mois) donnent parfaitement satisfaction à toutes les parties. Et même alors, Caritas se charge du suivi du projet pendant trois ans par le biais de bilans réguliers et d’activités en commun.

Des liens forts entre les deux familles

Les Keller se sont tout de suite bien entendus avec Gisele et sa mère Mira: «Nous avons immédiatement sympathisé», se souvient Barbara. Un an après, ils forment une équipe soudée: les deux familles se voient régulièrement et se rendent mutuellement service. «Cette rencontre est un coup de chance, pour nous parrains autant que pour nos filleules», souligne Robert.

Auteur: Beat Matter

Photographe: Daniel Ammann