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19 septembre 2016

Lolvé Tillmanns, l’écrivaine qui venait de l’entreprise

Après le marketing dans le domaine de l’énergie, la Genevoise d’adoption Lolvé Tillmanns consacre toute la sienne à écrire. Déjà trois romans et plusieurs nouvelles en cinq ans. Et autant d’univers fictionnels différents.

Lolvé Tillmanns a tout plaqué pour écrire des romans.

Cap sur l’imagination

«Je ne fais pas qu’écrire depuis longtemps, mais j’écris un peu depuis toujours.» Ecrivaine avec plusieurs nouvelles et deux romans auréolés d’un joli succès (et quelques prix), Lolvé Tillmanns a changé de vie il y a cinq ans. «Je travaillais au marketing d’une grosse entreprise active dans le domaine de l’énergie. Pleine d’ambition, je me suis vite aperçue que la compétence et l’implication ne suffisaient pas forcément. J’avais 27 ans, un peu d’argent de côté, et j’ai décidé de me consacrer à ma passion en me donnant six mois pour voir si ça allait.»

En moins de trois, la blonde Vaudoise aux lointaines origines suédoises restée à Genève depuis ses études avait organisé sa vie pour pouvoir vivre de l’écriture. Des cours d’alphabétisation pour migrants du côté d’une maison de quartier, de l’approfondissement du français (et de Genève) pour expatriés de l’autre, et le reste de la journée pour écrire. Elle sort un premier roman en 2013, La «Genèse du papillon», l’histoire d’une jeune fille plongée dans un monde de «fantasy». Suivront deux autres romans à un rythme annuel chez un petit éditeur genevois.

Des accouchements à chaque fois difficiles, assure ce jeune bourreau de travail qui a déjà terminé deux autres textes. «Du coup, quand un livre sort, je travaille déjà sur autre chose. Cela m’aide sûrement à le lâcher assez facilement. Il ne m’appartient plus, alors.»

Une journée avec Lolvé Tillmanns

9 h 00 L’école des migrants «Je donne des cours d’alphabétisation aux migrantes sous-­scolarisées ou pas scolarisées du tout. De tous les âges. Humainement, c’est très riche…»

11 00 Balade«Avant de me mettre à écrire, j’aime bien effectuer une petite marche urbaine. Dans le quartier des Grottes, pas loin de chez moi, ou ailleurs dans Genève.»

13 h 00 L’heure du thé«J’adore la Chine, sa culture et ses thés. J’en ai de nombreuses sortes chez moi et je ne bois que ça en écrivant, et j’aime bien le petit cérémoniel qui l’entoure.»

Récompense «J’aime m’offrir un cadeau lorsque j’achève un gros travail comme un roman. Pour le dernier, c’était ce bracelet en jade.»

14 h 00 A l’écriture «Lorsque je travaille, il me faut du temps devant moi. Au moins trois heures, et en oubliant tout le reste, sinon je ne suis pas efficace du tout.»

18 h 00 Cours aux expatriés
«Je donne une autre série de cours, dans un contexte fort différent de ceux du matin. Là, c’est à l’attention de mes «migrants riches», comme je les appelle. Des cadres d’entreprises internationales que j’adapte à la fois au français et à Genève en leur montrant les endroits sympas à connaître.»

20 h 00 Aux fourneaux«J’adore cuisiner toutes sortes de choses. Même lorsque je suis seule, je prépare volontiers un petit plat.»

Texte: © Migros Magazine / Pierre Léderrey

Auteur: Pierre Léderrey

Photographe: Guillaume Megevand