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2 avril 2012

Luttons ensemble contre l’exploitation des océans

En matière de pêche responsable, Migros a toujours joué un rôle pionnier. Ainsi, ces dernières années, le distributeur a retiré de la vente les poissons menacés d’extinction et constamment étoffé son assortiment de produits de la mer durables.

Rüdiger Buddruss tient un poisson congelé dans sa main
Rüdiger Buddruss, chef de la division Seafood à Micarna, souhaite encore davantage privilégier 
les pêcheries œuvrant en harmonie avec l’environnement.

La tendance ne faiblit pas. Poisson et fruits de mer sont des aliments de plus en plus prisés. Selon les derniers chiffres du WWF, 82 millions de tonnes de poisson sont pêchées chaque année dans les océans, soit quatre fois plus qu’il y a cinquante ans. Rien qu’en Suisse, on en consomme plus de 70 000 tonnes par an, c’est-à-dire près de 9 kilos par personne. Un chiffre qui a augmenté de plus d’un quart ces trois dernières années. Normal: les produits de la mer constituent des mets sains et légers parfaitement dans l’air du temps.

Mais cet engouement a une conséquence dramatique: la surpêche. Selon la FAO, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, 32% des effectifs de poissons sont surexploités dans le monde et 53% atteignent les limites de leur capacité de reproduction. Comme 95% du poisson et des fruits de mer consommés en Suisse sont importés, notre pays doit aussi prendre ses responsabilités. Ce que fait Migros.

L’exemple du cabillaud est porteur d’espoir

En tant que membre du WWF Seafood Group, Migros s’est engagée il y a déjà quatre ans à réorienter progressivement son offre vers des poissons issus de stocks sauvages exploités de façon responsable ou d’élevages compatibles avec l’environnement. De même, le distributeur s’engage à ne plus commercialiser d’espèces menacées d’extinction.

Tous ensemble, nous pouvons faire progresser les choses.

Une telle prise de conscience se traduit par des effets positifs dans les océans, comme en témoigne l’exemple du cabillaud sauvage. Depuis l’an passé, Migros ne propose plus ce poisson que sous le label MSC qui garantit une pêche certifiée durable.

«Jusqu’à récemment, le cabillaud était soumis, à quelques exceptions près, à une forte pression partout dans le monde. Dans certaines régions, comme à Terre-Neuve, au Canada, la surexploitation était telle que la reproduction de l’espèce n’était plus assurée», explique Rüdiger Buddruss, chef de la division Seafood de Micarna, une entreprise du groupe M-Industrie.

Heureusement, sous la pression de l’opinion publique et grâce à un changement des mentalités économiques et politiques, une poignée de pêcheries ont fini par se tourner vers une gestion responsable du cabillaud.

Réaliste, Rüdiger Buddruss ne voit pas encore dans cette évolution le grand bond en avant qui permettra la survie du cabillaud à large échelle. Mais il l’interprète malgré tout comme un signal important: «Quand l’économie, la politique et les consommateurs tirent à la même corde, il est possible d’améliorer les choses», constate-t-il.

Il s’agit maintenant de soutenir les pays ainsi que les entreprises de pêche exemplaires en leur assurant des canaux de vente et, ainsi, motiver d’autres acteurs à miser à leur tour sur la durabilité. Cela étant, il reste encore beaucoup à faire: d’après le WWF, mis à part ces quelques prises de cabillaud MSC, la plupart de ces poissons continuent d’être surpêchés.

Les ventes de poissons MSC sont en augmentation

Outre l’engagement de Migros, le soutien de la clientèle joue aussi un rôle décisif. Et les chiffres de vente le montrent, l’intérêt est bien présent: l’an dernier, Migros a vu son chiffre d’affaires augmenter d’environ 16,5% pour le poisson et les fruits de mer certifiés MSC.

L’action de Migros en faveur d’une pêche durable n’est pas seulement appréciée par les consommateurs, elle est aussi saluée par le WWF. «En 2008, Migros a été une des premières entreprises à rejoindre le WWF Seafood Group. En se tournant vers du poisson issu de stocks et d’élevages gérés de façon responsable, elle apporte une contribution importante à la protection des mers», souligne Mariann Breu, en charge du projet WWF Seafood Group.

En effet, quand elle émane d’un distributeur de la taille de Migros, une telle reconversion est un signal fort pour l’ensemble du marché. Un signal que Migros envoie également à sa clientèle soucieuse de son impact sur l’environnement en général et sur le monde sous-marin en particulier.

Photographe: Jorma Müller