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30 janvier 2012

Médecines douces pour soulager lors de longues maladies

Huiles essentielles et plantes permettent d’atténuer les effets secondaires des traitements violents – comme la chimiothérapie –, ainsi que le stress lié à la gravité de la maladie. Le point avec la pharmacienne et phytothérapeute diplômée Brigitte Mudry-de Quay.

Pilules aux plantes. (Photo: Istockphoto)
Pilules aux plantes. (Photo: Istockphoto)
Brigitte Mudry-de Quay, docteur en pharmacie.
Brigitte Mudry-de Quay, docteur en pharmacie.

«Grâce aux huiles essentielles et aux plantes, il est possible d’apporter un soulagement non négligeable, sans assommer encore les gens avec de la chimie.» Docteur en pharmacie, la Sédunoise Brigitte Mudry-de Quay explique que «c’est de fil en aiguille, avec l’expérience, qu’on se rend compte que les médecines douces peuvent aussi aider en cas de maladies graves, notamment les maladies cancéreuses». Une approche qu’elle défend lors de conférences publiques, ou devant des petits groupes de malades. Car la demande existe, relayée en général «par les infirmières qui travaillent en oncologie». C’est à elles plutôt que les patients s’adressent: «Les médecins souvent n’ont pas le temps, et puis ce n’est pas leur domaine.»

Quand on a le cancer, on voit déjà le cercueil, on est angoissé.

Brigitte Mudry-de Quay estime que la médecine traditionnelle, dans le traitement de maladies lourdes, aurait tendance «à négliger les à-côtés, comme les effets secondaires – nausées, vomissements – de certains traitements, telle la chimiothérapie». C’est là que la médecine naturelle peut révéler son utilité. «Surtout que nous avons plus de temps que les oncologues.» Et que les gens aussi «peuvent avoir peur de médecins parfois un peu technocrates. Quand un patient leur dit, écoutez, docteur, je ne dors pas, ce n’est pas leur problème.»

Autre contribution possible des médications naturelles: traiter l’aspect psychologique compliqué qui accompagne une maladie grave. «Quand on a le cancer, on entrevoit déjà le cercueil, on est stressé, angoissé, on a peur d’aller se faire soigner, peur des conséquences de la maladie.» Certaines huiles essentielles peuvent, ici, apporter une forme d’apaisement et de relaxation.

L’effet placebo aide aussi à soulager le corps

Si on lui parle d’un effet essentiellement placebo des médecines douces, la pharmacienne rétorque: «Dans toute médication il y a un effet placebo, estimé à peu près à 30%. Du moment que cet effet existe, autant l’avoir avec un médicament qui n’induira pas d’autres effets secondaires négatifs, plutôt qu’avec un médicament qui surcharge encore le foie et tout le corps.»

Et puis, explique-t-elle encore, les gens atteints d’une maladie grave comme le cancer «prennent beaucoup de médicaments, leur système immunitaire s’en trouve amoindri avec comme conséquence qu’en hiver ils attrapent tout ce qui passe». Là encore la médecine douce peut être d’un certain secours «en augmentant par exemple les défenses immunitaires» grâce toujours aux huiles essentielles «qui ont un pouvoir anti-infectieux extraordinaire».

Face à des pathologies aussi lourdes que le cancer, l’apport des médecines douces peut sembler anecdotique. Sans l’être tout à fait. Brigitte Mudry-de Quay donne l’exemple des patients qui subissent des chimios et se retrouvent avec leur muqueuse buccale «complètement en feu». Un désagrément contre lequel les huiles essentielles donnent «des résultats assez époustouflants: les gens se retrouvent avec une bouche moins ravagée. Ils arrivent mieux à manger, et vont donc récupérer plus vite». Un détail? «Vous êtes malade et vous voudriez manger, le dernier plaisir peut-être qui vous reste, mais vous ne pouvez pas parce que vous avez la bouche en feu, c’est quand même une grosse frustration.»

La médecine douce intervient en complément.

Parfois, assure encore la pharmacienne, les médecines douces peuvent être utilisées pour combattre la douleur, même dans des cas de cancer: «On ne va pas concurrencer la morphine, c’est sûr, mais il est possible d’atténuer certaines petites douleurs localisées, en faisant des frictions avec les huiles essentielles.»

Bref, les médecines douces ne traitent pas les maladies cancéreuses, mais plutôt la violence des traitements anti-cancers et ce «qu’induit la maladie: principalement le stress, de la fatigue».

Enfin, pour Brigitte Mudry-de Quay, le mot important, dans cette histoire, c’est «complémentaire»: «La médecine douce intervient en complément. Nous sommes des professionnels de la santé, pas des charlatans, on ne va jamais exclure une chimio, jamais exclure la médecine classique.» Mais plutôt, en fonction des maladies et des traitements qu’ils reçoivent, «diriger les patients vers certaines plantes, ou médicaments». Et d’insister: «Chaque traitement est un processus individuel, je n’aime pas trop établir de recettes standard. Il faut quand même voir les choses en face: on ne peut pas tout guérir.»

Auteur: Laurent Nicolet