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25 novembre 2013

M comme maman

Au sein du personnel de Migros, nombreuses sont les mères de famille à réaliser, en dehors de leur temps de travail, de bonnes actions. «Migros Magazine» vous en présente trois.

Ida Kälin
Ida Kälin et son chœur égaient les journées des résidents des homes.

Mère et marraine

En Suisse, Rafaela Tanner enseigne l’art de la danse Bollywood aux élèves de l’Ecole-club Migros de Genève.

Rafaela Tanner a beau être la mère de quatre enfants habitant encore à la maison (soit l'espiègle Victoria, élève de 11 ans, la créative Veena, étudiante de 15 ans, le fonceur Valentin, joueur de curling en équipe suisse de 21 ans, et l’original Vincent, monteur vidéo de 23 ans), a beau enseigner la danse Bollywood à l’Ecole-club de Genève et diriger une école de danse indépendante, cette résidante du Grand-Lancy (GE) trouve encore le temps de gérer l’association Elisha qu’elle a créée en 2007. Son but: trouver des parrains pour payer l’écolage de petits Indiens sourds du quartier de Juhu à Mumbai et récolter des fonds pour nourrir leur famille.

Aujourd’hui, une cinquantaine de Suisses parrainent un enfant via mon association. En déboursant 200 francs par an, ils leur permettent d’aller à l’école.»

Rafaela Tanner se rend une fois l’an en Inde pour voir ses protégés

Délibérément petite, Elisha procure un sentiment de confiance aux donateurs. «Ici, il n’y a pas d’intermédiaires. Je m’occupe de tout, et chaque franc reçu est reversé en Inde.»

A Mumbai, la Genevoise permet aux enfants d’aller à l’école.

Surtout, Rafaela Tanner se rend chaque année à Mumbai pour prendre des nouvelles de ses protégés. «Nous organisons alors une grande fête, faisons des photos et complétons les dossiers de chaque élève en y intégrant par exemple les copies des factures afin de prouver que l’argent a été utilisé à bon escient.»

Une fois les documents réunis et de retour en Suisse, Rafaela Tanner les remet à chaque parrain «en mains propres, car j’aime savoir qui sont les donateurs».

Altruiste mais réaliste («je sais que je ne peux pas faire des miracles»), Rafaela Tanner tient son amour de l’Inde de sa mère, une hôtesse de l’air qui avait créé une fondation pour venir en aide aux Indiennes désirant se faire avorter. «Son décès brutal a été un choc pour moi. Pour faire mon deuil, je me suis rendue à Mumbai en 1997. C’était la première fois que j’allais en Inde, mais dès la première minute je m’y suis bien sentie. Le bruit, et la misère ne m’ont jamais effrayée.»

Malgré une très grande pauvreté, les Indiens sourient toujours

Rafaela Tanner aide des enfants indiens.

Rafaela Tanner travaille alors comme bénévole dans un orphelinat. «J’avais déjà deux enfants et souhaitais agrandir ma famille. J’ai vu alors ces petits qui me tendaient les bras, et ce fut une évidence.» La Genevoise adopte Veena et Victoria, tout en se liant d’amitié avec une famille de Mumbai. «Sans aucun projet en tête, j’ai payé l’école de leurs enfants. L’idée de créer une association est venue après.»

Aujourd’hui, Rafaela Tanner ne regrette pas son engagement. «Les enfants que je rencontre à Mumbai me donnent de l’énergie pour toute l’année.» Ils lui rappellent aussi une belle leçon de vie. «Malgré une très grande pauvreté, les gens restent gentils et souriants. Quand je reviens à Genève, où personne n’est jamais satisfait de son sort, et que je pense à ces vieilles dames qui vivent seules, je me dis alors que la misère sociale et humaine est pire ici.»

Un accès au sport pour tous

Anja Galli 
entraîne 
chaque 
semaine 
à Berthoud (BE) des handicapés.

Berthoud (BE): il fait déjà nuit en ce soir d’automne, et la pluie tambourine contre les vitres du gymnase. Dans la salle, des sportifs s’activent.

On pourrait aisément penser qu’il s’agit d’une séance d’entraînement des plus banales. Pourtant, les trente athlètes présents souffrent tous d’un handicap moteur ou mental. Ceux qui sont en fauteuil roulant suivent un parcours en plusieurs étapes: ils effectuent un slalom entre des piquets puis travaillent leur force et leur adresse en soulevant des balles.

Au sein du groupe, le respect règne en maître

Si ces sportifs amateurs peuvent se retrouver ici chaque semaine, c’est grâce à Procap, la plus grande association suisse pour les personnes handicapées. L’un de ses objectifs consiste à permettre aux adolescents et aux adultes touchés par le handicap de profiter du plaisir que procure l’activité physique.

Lors de chacun des entraînements dans le gymnase de Berthoud, cinq membres de Procap sont présents. Il s’agit de bénévoles valides chargés de planifier et d’organiser les séances, de préparer le matériel, de motiver et d’encourager les participants et d’encadrer les entraînements et les compétitions.

Anja Galli compte parmi les membres de l’association présents aujourd’hui. Cette Bernoise mère de deux garçons de 4 et 7 ans travaille à mi-temps pour la coopérative Migros Aar.

Collaboratrice spécialisée dans le secteur de l’habillement, elle se rend régulièrement dans les magasins Migros afin de conseiller le personnel de vente, notamment en ce qui concerne la présentation des vêtements. Une tâche qui exige de connaître sur le bout des doigts l’assortiment, allant des chaussettes pour enfants aux manteaux pour hommes en passant par les collants.

Et quand on lui demande où elle trouve l’énergie pour se consacrer à Procap, elle semble étonnée par la question:

C’est pourtant simple, répond-elle. Mon activité bénévole ne me fatigue pas du tout. Au contraire, elle me donne la pêche!»

La mère de famille a toujours l’impression d’avoir remporté une victoire personnelle quand l’un de ses protégés parvient à accroître sa force et son endurance, ou lorsqu’un participant réservé s’affirme peu à peu.

Elle se félicite aussi du respect mutuel qui règne au sein du groupe, et ce, malgré la forte hétérogénéité de celui-ci: non seulement les sportifs souffrent de handicaps très divers, mais ils appartiennent à des générations différentes, le cadet ayant 18 ans et le doyen 70 ans.

Un chœur qui a du cœur

En bordure d’Einsiedeln (SZ), la ferme de la famille Kälin, une bâtisse isolée perchée à flanc de coteau, domine fièrement le lac de Sihl.

Il règne une ambiance particulièrement animée dans la petite exploitation agricole qui culmine à près de 900 mètres: Ida Kälin, paysanne et collaboratrice Migros, fait répéter une chorale d’enfants. Celle-ci se compose de cinq frères et sœurs répondant aux prénoms de Sonja (15 ans), Vreni (14 ans), Markus (12 ans), Heiri (10 ans) et Erika (8 ans). Ce sont les enfants d’amis des Kälin, et tous sont dotés d’une voix puissante. Les trois filles et les deux garçons chantent à pleins poumons des refrains populaires tandis que la maîtresse des lieux les accompagne à l’accordéon schwytzois.

Ida Kälin et sa jeune formation se produisent régulièrement dans la région à l’occasion de grandes et de petites fêtes, en particulier dans les maisons de retraite.

Les seniors sont toujours ravis d’entendre chanter les enfants, déclare la paysanne. J’ai même l’impression qu’ils suscitent davantage d’émotions chez eux que ne le ferait une chorale d’adultes.»

Les choristes interprètent en dialecte local des chansons traditionnelles qui parlent de l’amour, de l’amitié et de la beauté des montagnes. Souvent, les personnes âgées, qui connaissent bien ces airs d’antan, reprennent les paroles en chœur. Le spectacle est gratuit: seule une modeste contribution aux frais est parfois demandée.

Ida Kälin et son époux Alois ont eux-mêmes deux enfants – Ueli, 3 ans, et Ramona, 1 an –, mais ces derniers sont encore trop petits pour chanter.

Après les enfants... les vaches

Outre la chorale, Ida Kälin dirige avec son mari une exploitation bio qui compte quatorze vaches et dix veaux et travaille deux jours par semaine au centre commercial Seedamm, à Pfäffikon (SZ), dans le magasin Migros dont elle était auparavant responsable adjointe. Aujourd’hui, telle une bonne fée, elle effectue des remplacements un peu partout, au rayon épicerie comme au bureau.

Comment cette hyperactive parvient-elle à s’occuper de sa chorale malgré toutes ces activités? «Je considère cela avant tout comme un loisir», assure-t-elle simplement.

Mais lorsqu’ils font les foins en été, se relayant pour parcourir les champs et pousser une faucheuse jusqu’en haut des coteaux escarpés, Ida et son mari consacrent le plus clair de leur temps à leur exploitation.

«Pendant cette période, nous sommes alors très heureux de pouvoir compter sur de bons amis qui habitent dans les environs et acceptent de garder nos enfants», précise la paysanne.

Auteur: Michael West, Pierre Wuthrich

Photographe: Laurent de Senarclens, Andreas Eggenberger