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18 août 2014

Elle est unique la «chiclette» suisse

Membre de la M-Industrie, Chocolat Frey est la seule entreprise helvétique à produire du chewing-gum, et ce, depuis quarante ans.

Un employé avec des grands recipients de poudre pour fabriquer du chewing-gum
La majorité des arômes se présente sous forme de poudre.

A première vue, leur texture rappelle celle des céréales. Pourtant, les granulés blancs placés dans des caisses en plastique recouvertes d’un film de protection ne serviront pas à fabriquer du pain. «Ils constituent la base de la gomme swiss made», précise Thomas Meyer, responsable adjoint de la production.

La seule fabrique de chewing-gum de Suisse se trouve à Buchs (AG), et ce, depuis quarante ans. Elle appartient à l’entreprise Chocolat Frey , qui fait partie du groupe M-Industrie et a ainsi développé une deuxième activité centrale, en plus de la fabrication de chocolat.

Si plus de 80% de sa production est destinée à l’exportation, notre pays n’est pas en reste: les gommes à mâcher des lignes M-Budget et M-Classic sont les plus appréciées de Suisse.

Une usine semblable à une grande boulangerie

Outre la base de gomme, les édulcorants et les autres ingrédients tels que le calcium, qui entrent dans la composition de certains articles, sont versés dans le pétrisseur après avoir été rigoureusement pesés. Le sucre, lui, est banni de toutes les recettes depuis 1988.

Au début du processus, tous les ingrédients se présentent sous forme de poudre sèche, ce qui explique qu’une fine couche de particules blanches se dépose sur les machines, comme dans les boulangeries. «La manière de mélanger n’est pas le seul point commun que nous avons avec elles, indique Thomas Meyer.

Nous travaillons en effet avec de nombreux pâtissiers, cuisiniers et technologues en denrées alimentaires,

car il n’est pas possible de se spécialiser dans la fabrication de chewing-gum. Vient ensuite le moment d’incorporer des arômes liquides à la masse. Ceux qui sont issus d’un composant huileux, par exemple la menthe poivrée, durent plus longtemps que ceux à base de fruits, solubles dans l’eau. Chaque nouvel ingrédient doit être intégré au système de contrôle informatisé après avoir été ajouté, explique le responsable de la production. On peut ensuite passer à l’étape suivante.»

Le processus de fabrication est ainsi surveillé du début à la fin. Lorsque le pétrisseur se rouvre, on croirait contempler une pâte à pain géante. La masse est alors transférée dans une extrudeuse qui la fait tournoyer dans une spirale et la presse sur un convoyeur.

En route vers une deuxième extrudeuse, la pâte, saupoudrée d’amidon de riz, passe par un premier détecteur de métaux avant d’être aplatie à l’aide de quatre rouleaux – les deux derniers la découpent d’abord dans le sens de la longueur, puis dans celui de la largeur.

Un second détecteur de métaux garantit qu’aucune particule indésirable ne s’est glissée dans le conduit de refroidissement où la gomme va se raffermir durant une bonne vingtaine de minutes.

Après quoi les chewing-gums sont stockés cinq à dix jours.

On en compte 140 tonnes rien qu’à l’intérieur de l’usine, et nous louons aussi des entrepôts»,

nous apprend notre expert. Par la suite, la plupart des articles subissent un processus de dragéification, un procédé qui renforce le goût des friandises et leur confère une texture extérieure croquante.

En l’espace de vingt-quatre heures, l’usine en produit jusqu’à 14 tonnes, dont la majeure partie sera vendue dans des chaînes de magasins étrangères sous une marque de distributeur – Chocolat Frey est en effet le principal fabricant européen de chewing-gums commercialisés sous un label tiers.

«Et nous ne cessons de développer notre capacité de production», ajoute non sans fierté Patrick Kurmann, responsable marketing des chewing-gums de Chocolat Frey. Le chewing-gum ne connaît pratiquement aucune variation saisonnière.

Nous essayons d’animer le marché en proposant certains parfums en édition limitée,

confie Patrick Kurmann. L’année dernière, les variantes Cola et Chai Latte, lancées respectivement en été et en hiver, ont par exemple connu un franc succès.»

Cet été encore, la marque commercialisera des saveurs inédites comme la nouveauté Ice Tea Peach , fabriquée à partir de l’arôme du célèbre thé froid Migros.

Avant d’être conditionnées, les fameuses pastilles sont encore triées, puis soumises à une dernière détection de métaux. «Le capteur a été élaboré selon les techniques médicales, note Thomas Meyer. Il est capable de repérer des traces de métal dès 0,2 millimètre».

Ainsi, les chewing-gums M-Budget, M-Classic, Candida, Fruity Fresh et bien sûr Skai peuvent venir garnir sans problème les rayons de Migros.

Photographe: Nik Hunger