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13 octobre 2014

Madame l’entraîneur

Main de fer dans un gant fluo, Julie Le Bris est la première femme à coacher une équipe masculine de basket en ligue nationale.

Portrait de Julie Le Bris tenant un ballon de basket.
Julie Le Bris: «Le basket fait partie de ma vie depuis quinze ans.»

La vie, pour cette Bretonne «100% pur beurre» au regard vert perçant, c’est d’abord du mouvement. De l’énergie. Julie Le Bris a grandi dans et par le sport. Un papa-foot, une maman-tennis et un parrain champion de France de tennis par équipe. «C’était mon modèle, je voulais devenir entraîneur comme lui, mais de basket!»

Elle rêve de coacher les équipes de haut niveau, mais s’aperçoit vite que «l’ego y est démesuré». Déception. En 2009, elle débarque en Suisse comme entraîneuse de l’équipe de basket féminin à Nyon. «J’ai eu un coup de foudre pour la qualité de vie et les paysages de ce pays.» Elle s’installe à Corseaux (VD), mais en 2012, changement de banc: le BBC Nyon l’engage, la propulsant première femme coach d’une équipe masculine de basket en ligue nationale.

Le caractère bien trempé derrière un sourire élégant, elle relève le défi sans sourciller. Dans l’intervalle, elle suit une formation à la HEP pour devenir titulaire en éducation physique:

Montrer que le sport n’est pas que muscles et transpiration est finalement un super challenge!»

Entraîner une équipe de basket ou des élèves récalcitrants revient finalement au même. L’occasion, pour Julie Le Bris, de transmettre ce qui lui tient à cœur: courage, respect, partage, dépassement de soi. «L’excellence, ce n’est pas être meilleur que les autres, mais donner le meilleur de soi-même.

Bien sûr que l’objectif est de gagner, mais pas n’importe comment.»

Une journée avec Julie Le Bris

6 h 30: démarrage vitaminé
«Un bol de céréales en regardant par la fenêtre ou en terrasse quand il fait beau. La vue sur le lac est tellement exceptionnelle, avec les couleurs du lever. Dans cet appartement, j’ai toujours l’impression d’être en vacances. Et quand il pleut, je déjeune en regardant les infos.»

Julie Le Bris en train de prendre son petit-déjeuner.
Le petit-déjeuner est un moment primordial pour la sportive.

08 h 30: calme sur le lac
«Au gymnase, on a beaucoup de liberté dans l’éducation physique. Je favorise les activités extérieures, comme le canoë. La gym, ce n’est pas forcément accomplir une performance, mais profiter de la nature, du moment. C’est une chance incroyable de se retrouver seuls sur le lac.»

Julie Le Bris en train de mettre son canoë à l'eau.
Julie Le Bris affectionne particulièrement les activités sportives de plein air.

13 h 00: jeu, set et match
«J’avale un sandwich et je file au tennis. J’essaie d’en faire trois fois par semaine. J’aime tous les sports, mais c’est dans le tennis que je me reconnais le mieux. Se retrouver en équipe, se dépenser, se chambrer, c’est une bonne manière de se vider la tête après le boulot!»

Julie Le Bris en train de jouer au tennis.
Julie Le Bris est aussi férue de tennis.

15 h 00: La main au panier
«Le basket fait partie de ma vie depuis quinze ans. Petite, je voulais être entraîneuse de l’équipe de France. J’ai joué au basket dans un club en Bretagne, mais je me suis vite aperçue que je n’allais pas assez vite, ni assez haut… Alors j’ai commencé à entraîner les jeunes au niveau national.»

L'entraîneuse pose en salle, accompagnée de deux de ses joueurs.
Julie Le Bris relève de bon cœur le challange d'entraîner des jeunes au niveau national.

19 h 00: esprit d’équipe
«Depuis 2012, je coache l’équipe du BBC Nyon. Les joueurs m’écoutent, même si je suis une femme. Ils savent que je suis là pour les mêmes raisons qu’eux. On est dans l’échange, je ne suis pas un dictateur! Il m’arrive de me mettre en colère, mais l’entraînement, c’est avant tout de la bonne humeur. On est là pour le plaisir.»

Julie Le Bris portée par les joueurs de son équipe dans la salle de basket.
Une belle complicité règne dans cette équipe!

20 h 45: lecture itinérante
«Je profite du retour en train pour me poser et lire Amélie Nothomb, les polars d’Harlan Coben ou tout autre livre prenant. Il m’arrive aussi de profiter du trajet pour préparer les stratégies de match… Ce n’est jamais du temps perdu!»

Julie Le Bris en train de lire un roman d'Amélie Nothomb dans le train.
Julie Le Bris a un faible pour les polars.

Texte: © Migros Magazine – Patricia Brambilla

Auteur: Patricia Brambilla

Photographe: Laurent de Senarclens