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2 juillet 2012

Maigrir, oui, mais sans régime!

Impossible d’entrer dans votre maillot de bain? Mieux vaut revoir son assiette plutôt que d’acheter un modèle XXL. Les conseils du médecin Martine Balandraux Olivet.

Peinture d'une femme opulente à table
Pour perdre du poids, modifier sa manière de s’alimenter ne suffit pas: il faut également bouger régulièrement. (Photo: Getty Images/Boris Mihajlovic Kustodiev/The Merchant's Wife at Tea, 1918)

Ça ressemble à une publicité mensongère. Du genre, maigrissez en dormant. Et pourtant, le livre de Martine Balandraux Olivet, La méthode M.B.O. pour maigrir sans régime (Ed. Flammarion), n’est pas une boutade. Oui, d’après ce médecin et spécialiste en nutrition à Genève, on peut perdre du poids tout en mangeant à sa faim.

Certes, direz-vous en essayant désespérément d’enfiler votre corsaire de l’année dernière. Mais comment? Tout d’abord en mettant à la poubelle… tous les régimes! Dukan, dissocié, hyperprotéiné ou cro-magnon, autant de tentatives désespérées, contre-productives et même dangereuses. «Les régimes où on essaie de baisser l’apport calorique ne fonctionnent pas. En deux ans, les personnes ont retrouvé leur poids de départ si ce n’est quelques kilos supplémentaires», explique le médecin.

«Notre corps a su faire des réserves»

C’est le fameux effet yo-yo: le corps que l’on prive apprend à stocker. Et dès que la restriction se relâche, l’organisme, prévoyant et malin, reprend rapidement le poids perdu, voire fait des petites provisions en prévision de la prochaine diète. «Nous avons oublié que nous sommes des homo sapiens qui avons survécu aux famines. On est des super-héros de la race, toujours là, parce que notre corps a su faire des réserves!»

Donc, tout est là: feinter l’organisme, toujours prompt à tenir le siège, en continuant à manger tout autant, mais mieux. D’où l’idée de commencer son régime non pas en se privant, mais en ajoutant des aliments dans son assiette. «La vie est suffisamment compliquée et contraignante pour devoir s’imposer en plus des restrictions. Il faut s’offrir quelque chose plutôt que de se limiter», propose finement Martine Balandraux Olivet.

Le médecin Martine Balandraux Olivet.
Le médecin Martine Balandraux Olivet.

Oui mais, on s’en doute, pas n’importe quoi: ce sont bien les fruits et les légumes aux mille vertus qu’il faut faire entrer en premier dans sa nouvelle alimentation. En glissant une pomme par-ci, en buvant un jus de légumes par- là, en croquant dans l’excellent lycopène (puissant anti-oxydant) d’une tomate ou en ajoutant du jus de citron dans son yaourt. Et en prenant l’habitude d’ouvrir tous ses repas par un fruit de saison, une poignée de radis au sel ou de fringantes asperges. «Il faut changer ses priorités et commencer ses repas par ce qui est le meilleur et le plus important pour l’organisme. Il ne viendrait à l’idée de personne de commencer son menu par un feuilleté à la crème!»

Pourquoi s’imposer des restrictions?

Autrement dit, tendre vers l’assiette idéale: une moitié de fruits et légumes, pour un quart de féculents (céréales complètes ou pommes de terre) et un quart de protéines (viande, œuf ou poisson). Une façon aussi de privilégier les aliments à indice glycémique bas, qui favorisent la concentration et la satiété.

Mais l’assiette, aussi parfaite soit-elle, ne fait pas tout. Pour perdre du poids et remodeler sa silhouette, il s’agit encore d’ajouter un peu de mouvement. «Pour modifier son métabolisme de base, il faut un effort d’une certaine intensité sur une certaine durée», ajoute Martine Balandraux Olivet. C’est le moment de chausser vos baskets et de marcher. Accélérer le pas pour mouiller la chemise et faire monter le rythme cardiaque. En effectuant chaque jour vingt à trente minutes de marche rapide, les muscles, après avoir épuisé les réserves de glucose, iront piocher dans les graisses, donc les bourrelets! «Une promenade quotidienne de vingt minutes à bonne allure pourra faire, au bout d’un an, une différence de 2 à 5 kg sur la balance et aura des bénéfices mesurables sur la santé cardiovasculaire et mentale», écrit la spécialiste dans son ouvrage La marche rapide (Ed. Jouvence).

Une promenade bienfaisante pendant la pause de midi

Quoi, pas le temps? Le médecin regorge d’idées pour vous faire dépenser des calories. Comme aller au travail à pied ou à vélo plutôt qu’en voiture. Comme descendre du bus deux arrêts plus tôt pour faire le reste à pied. Comme aller marcher pendant la pause de midi plutôt que de rester vissé à son siège de bureau en mâchonnant un sandwich anémique.

Et puis, pour entamer ce vrai changement de vie, mieux vaut oublier définitivement les affiches des mannequins anorexiques. Et se fixer un objectif raisonnable – oser à nouveau montrer ses jambes à la plage, faire le tour du Mont-Blanc ou simplement rester en forme – tout en se donnant le temps. Inutile de monter sur la balance toutes les semaines, les premiers résultats n’apparaissent qu’après deux ou trois mois. Et le corps continue à se modifier pendant deux ans. «Pour les personnes que j’ai suivies en cabinet et qui ont appliqué ces conseils jusqu’au bout, on peut parler de 100% de réussite.» Voilà qui donne envie de se jeter tout de suite sur une salade de fruits, baskets aux pieds!

Auteur: Patricia Brambilla