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25 juin 2012

Maladies d’ici et d’ailleurs

Prévenir vaut mieux que guérir! Jean Ammann ne prends pas de pincettes et vous donnerait carrément envie de rester planqué en toute sécurité dans un chalet durant tout l'été...

Jean Ammann, 
journaliste 
et chroniqueur 
«La Liberté»

Vous allez partir en vacances? Je vous plains. Je ne parle même pas de l’entrée nord du Gothard où l’attente sera estimée à trois heures, ni de la journée annoncée rouge dans le sens des vacances comme dans celui du retour, non, je vous parle de toutes ces cochonneries exotiques que vous ramènerez dans vos bagages. A l’intention de tous les chanceux qui s’en vont griller sous le tropique du Capricorne, les pieds dans le lagon et la tête dans la caïpirinha, j’ai gardé un numéro de la Revue médicale suisse datée du 9 mai 2012.

Sur une couverture qui rappelle le catalogue d’un voyagiste,frondaison de palmiers battant au vent d’un atoll, il est écrit: Médecine des voyages. Et dessous, le sommaire: maladies transmises par des tiques d’ici et d’ailleurs; rickettsioses d’importation; hépatite oubliée: l’hépatite E; échinococcose: la menace du renard urbain; fièvres virales d’ailleurs; pathologies pulmonaires au retour de voyage; paludisme: prise en charge chez l’enfant en Suisse. Le reste du sommaire concerne les maladies qui ne sont pas propres aux voyageurs. Il en reste quelques-unes.

Pourquoi ne pas vous contenter d’une maladie bien de chez nous?

Je ne veux pas vous inquiéter, mais savez-vous que «certains virus ne se transmettent que dans certaines parties du monde et n’existent pas en Suisse»? Pourquoi vous payer le luxe d’un microbe encore inconnu sous nos latitudes? Savez-vous que «les infections respiratoires sont une cause fréquente de pathologies du voyageur en termes de morbidité»? Savez-vous qu’en cas de paludisme, «une prise en charge rapide est essentielle pour diminuer les risques de complications et de décès»? De décès, si, si (vous avez bien lu)! Savez-vous que contre l’hépatite E, dont il existe une forme fulminante que j’évoquerai volontiers une autre fois, «il n’y a actuellement pas de vaccin disponible»? Tout ça, vous ne le saviez pas, hein, au moment de commander vos billets d’avion?

Question subsidiaire: est-ce qu’on n’est pas bien chez nous, à l’abri de la dengue, du virus de Hantaan ou de la si jolie «fièvre pourprée des Montagnes-Rocheuses», à couler des jours heureux entre une angine à streptocoques indigènes et une gastro-entérite autochtone?

Pourquoi ne pas vous contenter d’une maladie bien de chez nous, bande de crétins des Alpes?

Auteur: Jean Ammann