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29 février 2016

Mandrax, le DJ devenu prof

Responsable du secteur musiques actuelles de la Haute Ecole de musique à Lausanne (HEMU), Stephan Kohler peaufine les dernières notes d’un bachelor de Creative Performer. Une reconnaissance pour la musique dite populaire.

Mandrax alias Stephan Kohler
Stephan Kohler est heureux de donner l'opportunité aux jeunes de se former en Suisse romande.

Dès la rentrée de septembre, six étudiants triés sur le volet commenceront un parcours de trois ans en musiques actuelles (soit rock, pop, funk et musiques électroniques) amenant à un bachelor baptisé Creative Performer. Stephan Kohler, DJ lausannois plus connu sous le nom de «Mandrax», a été nommé responsable de ce nouveau et troisième département de la Haute Ecole de musique (HEMU).

Il aura pour mission de préparer le futur musicien professionnel à la révolution du numérique qui a bouleversé le métier et oblige désormais de maîtriser, en plus d’un instrument, tout un ensemble de métiers, de la production au songwriting en passant par le management ou la communication.

Il s’agit de former des gens polyvalents et suffisamment armés pour évoluer dans une industrie en pleine mutation»,

explique Stephan Kohler, en plein bouclage du programme de cette première volée d’étudiants. «Les musiciens de ma génération n’ont pas eu la chance de posséder un tel outil d’apprentissage dans notre région. Il fallait aller à l’étranger ou s’inscrire au Conservatoire et faire des années de classique alors que les profils comme les codes des musiques populaires ne sont pas du tout les mêmes.»

Et Stephan Kohler de se réjouir de cette reconnaissance déjà saluée par la profession.

Une journée avec Stephan Kohler

8 h 00: lecture des mails
«A mon arrivée le matin, je vais souvent à la salle Barrière lire mes très nombreux mails. Là, nous sommes dans la dernière ligne droite des inscriptions et je tiens à répondre à toutes les personnes intéressées.»

10 h 00: plan d’études
«Ce bachelor de Creative Performer sur trois ans propose un cursus inspiré de ce qui se fait ailleurs, à Londres par exemple: instrument en branche principale (la voix en est un, bien sûr) côtoyant le studio, la technique de scène, l’enregistrement, etc. Nous mettons actuellement un point final à son élaboration avec Cédric Divoux, le coordinateur pour l’enseignement de toute l’HEMU.»

13 h 00: collaboration
«J’entretiens un dialogue soutenu avec mes homologues des sections classique et jazz. Et comme Jean-Pierre Schaller, également professeur de basse, est juste à côté, nous nous voyons quasi quotidiennement.»

15 h 00: la salle BCV
«C’est notre salle de concert principale. Elle sert aussi aux masterclass (des rencontres avec des artistes confirmés) et accueille tous les styles.»

17 h 00: mon studio de production
«Il est situé aussi au Flon, juste en face du bâtiment de l’HEMU. Evidemment, je viens souvent y travailler.»

22 h 00: enregistrement «C’est dans cette salle avec un piano– le seul instrument que j’ai appris un peu, en autodidacte – et tous mes vinyles que j’enregistre des sessions de piano mais aussi une émission sur Couleur 3 qui passe une fois par mois le samedi matin et où je fais écouter mes coups de cœur musicaux.»

Texte: © Migros Magazine | Pierre Léderrey

Auteur: Pierre Léderrey

Photographe: Jeremy Bierer