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27 janvier 2014

Margaux Kindhauser, la BD au féminin singulier

Un polar londonien à l’atmosphère tamisée. Une enquête, du suspense et des sentiments secrets, le tout joliment mis en bulles par Margaux Kindhauser. Visite d’atelier à Epalinges (VD).

«Trois fois par semaine, je viens travailler à la librairie Raspoutine à Lausanne. J’aime bien la vente, conseiller les gens, trouver la bonne BD. J’en profite aussi pour lire énormément, me tenir au courant des nouveautés et, entre deux clients, avancer mes story-boards.»
«Trois fois par semaine, je viens travailler à la librairie Raspoutine à Lausanne. J’aime bien la vente, conseiller les gens, trouver la bonne BD. J’en profite aussi pour lire énormément, me tenir au courant des nouveautés et, entre deux clients, avancer mes story-boards.»

Elle dessine comme elle respire. Avec passion et talent. A 30 ans à peine, Mara, alias Margaux Kindhauser, a déjà publié trois tomes de «Clues» (Ed. Akileos), vendus à 20 000 exemplaires. Une série qui ressemble à un polar campé dans la Londres victorienne, avec un héros byronien qui n’a rien à envier à Sherlock Holmes et une jeune femme secrète à la chevelure sortie d’une affiche de Mucha.

Voilà pour le décor. Le dessin est léché, chaque case s’apparente à un petit tableau à la lumière tamisée. Et l’expressivité cinématographique n’est jamais loin. «A 12 ans, j’ai reçu le livre du making of de «Pocahontas». J’adorais Disney, je reproduisais tous les croquis sans jamais décalquer!»
Une ténacité qui lui a permis de publier son premier album en 2008 (pour le moment épuisé).

Et l’a menée sur les hautes marches du festival d’Angoulême. Elle y sera justement du 30 janvier au 2 février pour présenter son sketchbook de personnages féminins, sirènes, muses et autres pin-up revisitées. Tout en s’attelant ferme au tome 4 de «Clues». «Je ne sais pas ce que je ferai après. Mais il ne faut jamais cesser d’apprendre, d’être curieux. Il y a tellement de choses partout, on n’a pas le temps de s’ennuyer», dit-elle en suivant du regard un vol d’étourneaux.

Une journée dans la vie de Margaux Kindhauser

9 h 30 la mise en route

Margaux Kindhauser et sa perruche calopsite Albus.

«Je suis une couche-tard et une lève-tard. Après un petit-déjeuner, fruit et café en écoutant Couleur 3, je me lave les dents et «Albus», une perruche calopsitte, m’accompagne. On est inséparable. Il fait cht-cht-cht pour imiter le bruit de la brosse à dents!»

Margaux Kindhauser en train de dessiner.

10 h la planche à dessin
«Je dessine avec la TV à côté pour écouter des séries où ça parlote, genre «Mad Men». Mais je préfère l’ambiance de la nuit, quand personne ne vous dérange. Je travaille au crayon, lavis, aquarelle et, au final, j’utilise Photoshop pour booster les couleurs.»

Sa BD

Les couvertures de Clues, bande dessinée de Margaux Kindhauser.

«Quand j’ai commencé «Clues» en 2007, je pensais faire trois tomes. Et finalement, avec tous les flash-back, je me suis dit que j’allais faire un tome supplémentaire. Mais c’est le premier volume qui reste mon préféré. Peut-être parce que je l’ai écrit dans des conditions magiques: isolée dans un vieux chalet du val d’Hérens, sans internet, sans téléphone. Sans distraction.»

Un original

Un dessin original de Charles Dana Gibson, un artiste américain de la fin du 19e siècle.

«J’ai reçu cet original signé Charles Dana Gibson, un artiste américain de la fin du XIXe siècle que j’adore. Il est l’inventeur de la pin-up. Ses «Gibson girls», publiées dans «Life Magazine», ont un charisme énorme. Elles ont toujours un port altier et une chevelure langoureuse. Elles m’inspirent énormément pour mes dessins.»

13h la sieste

Margaux Kindhauser en train de faire la sieste.

«Il m’arrive de m’installer sur le divan pour une petite sieste. «Albus» se pose alors sur mon bras, aiguise son bec, gonfle ses plumes et s’endort avec moi. Au réveil, il me fait la toilette, me lisse les cheveux et même les cils avec une délicatesse incroyable.»

15 h bouffée d'air

Margaux Fankhauser dans la forêt avec des jumelles.

«J’ai la forêt à deux pas de chez moi. J’ai besoin de cet accès à la nature. Je vais m’y promener avec mes jumelles pour regarder les ­oiseaux. Ils m’intéressent tous, mésanges bleues ou charbonnières, pinsons, pics, dont je ­reconnais les chants.»

19h les potes

Margaux Fankhauser et ses amis.

«L’amitié est une valeur indispensable à ma vie. J’aime bien retrouver mes potes au bistrot après le travail. Ils sont tous artistes, soit dans le cinéma ou la littérature. Ensemble, on aime aussi faire de grandes parties de jeux de rôles, qui peuvent durer toute la nuit!»

Auteur: Patricia Brambilla

Photographe: François Wavre