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29 juillet 2013

Sur nos monts quand le sommeil…

Le discours du 1er Août de Marie-Thérèse Porchet.

Portrait de Marie-Thérèse Porchet.
Portrait de Marie-Thérèse Porchet.

En cette année 2013 difficile, où nous devons faire face, entre autres, à l’agonie du secret bancaire, à l’insécurité du nucléaire, à la baisse des salaires, au déclin de Roger Federer et à la présidence d’Ueli Maurer, rappelons-nous cette phrase de Talleyrand: «Quand je me considère, je me désole, mais quand je me compare, je me console.»

Bien sûr, en Suisse, nous n’avons pas, comme en Angleterre, une brochette de héros aux performances époustouflantes: Kate et William, qui font bondir de dix points le PIB britannique; Christopher Froome, vainqueur du Tour de France, qui si on ne l’avait pas retenu serait arrivé sur les Champs-Elysées trois jours avant tout le monde; Andy Murray, qui a gagné Wimbledon malgré la perspective d’ouvrir le bal le soir même avec Marion Bartoli; le Prince Charles, qui dort toujours avec Camilla; et enfin Sa Majesté la Reine Elisabeth II, qui est sur le trône depuis soixante ans, et croyez-moi, même avec un sudoku, c’est long!

Nous ne vénérons pas, comme en France, un vulgaire revendeur de baskets Adidas ou un agresseur de femmes de chambre new-yorkaises. DSK qui est sur le point, dit-on, d’être réengagé au FMI, mais cette fois-ci comme vigile, sans doute pour monter Lagarde!

Nous n’insultons pas la Justice, comme en Italie, en envoyant devant les juges le commandant Schettino tout seul pendant que la compagnie Costa achète son impunité à grands coups de millions. Le Costa Concordia dont le renflouement est loin d’être achevé, car l’épave est couchée depuis tellement longtemps qu’il faut la redresser avant de pouvoir la tirer. Comme Brigitte Bardot!

Joueur du cor des alpes et une marmotte.

En Suisse, même en cas de catastrophe, nous savons trouver le côté positif. Souvenez-vous, il y a quelques semaines, on lisait partout: «Genève et Neuchâtel frappés de plein fouet par la grêle, la vigne est détruite, la production de vin sera quasiment nulle cette année.» Vous voyez qu’il y a toujours un côté positif!

Un seul couac lors de cette tempête, à Bienne, à la Fête fédérale de gym, où le message d’évacuation a été diffusé uniquement en suisse allemand. Les Romands n’ont pas compris. En même temps, un message en suisse allemand, ça invite forcément à l’évacuation, non?

Nos chroniqueurs sont nos hôtes. Leurs opinions ne reflètent pas forcément celles de la rédaction.

Drapeaux suisses.

Auteur: Marie-Thérèse Porchet, née Bertholet

Photographe: Corina Vögele (illustration)