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25 août 2014

Burn-août

La chronique de Martina Chyba, journaliste et productrice à la RTS.

Martina Chyba, journaliste et productrice à la RTS. Chroniqueuse à Migros Magazine.
Martina Chyba, journaliste et productrice à la RTS.

Les amis, il arrive un truc moche. La rentrée.

Médicalement, on estime que le bénéfice des vacances s’estompe en deux ou trois semaines, ce qui n’est déjà pas beaucoup.

Mais dans la vraie vie, combien de temps tiennent votre zénitude retrouvée, votre forme physique éblouissante et votre bronzage difficilement obtenu entre les gouttes? Une semaine? Deux jours? Le temps de la première séance du matin avec le chef? Le temps du premier ragot méchant à la machine à café? Le temps de l’ouverture de la boîte mail qui affiche 2856 messages dont 2851 ne sont probablement pas importants mais qu’il faut lire quand même? Ou le temps de la première crise informatique quand vous constatez que des mises à jour ont été faites, que le mot de passe a été changé, que vous ne pouvez accéder à rien et que le support informatique est débordé et sur combox?

Cette année, je propose d’avoir des ambitions professionnelles raisonnables: on laisse tomber l’idée d’une promotion, d’une augmentation de salaire, d’un bureau plus grand, d’un collègue moins glandeur, d’un travail plus épanouissant, d’une prime de fin d’année et de toutes ces choses qui de toute façon n’arriveront jamais. Le seul et unique objectif est de survivre au semestre sans faire de burn-out.

Oui parce que le burn-out, ce n’est plus une chose qui arrive aux personnes un peu fragiles et facilement débordées et qui se répare en quelques semaines de repos. Non, c’est une épidémie qui se propage dans toutes les entreprises contre laquelle l’OMS n’a pour le moment trouvé aucun sérum, même expérimental.

Dans les couloirs, le mot est passé dans le langage courant: «Ah il est en burn (on prononce beurne)? C’est son deuxième ou son troisième déjà?» Si vous ajoutez à cela toutes les personnes qui ne veulent pas dire «beurne» et qui vous parlent de «grosse fatigue», et tous les faux «beurnes» qui sont «en arrêt» pour addiction, dépression ou allergie au travail ou les trois à la fois, il ne vous reste plus grand monde pour faire tourner la boutique. Et comme on ne remplace pas trop les absents, ceux qui restent travaillent deux fois plus et finissent évidemment aussi en «beurne».

Alors cette année, s’il vous plaît, on reste zen, on prend de la distance, on se fait des petits plaisirs, on fait un peu de sport, on mange des légumes. Et pas question de mettre du «beurne» dans les épinards!

© Migros Magazine – Martina Chyba

Nos chroniqueurs sont nos hôtes. Leurs opinions ne reflètent pas forcément celles de la rédaction.

Auteur: Martina Chyba