Archives
8 décembre 2014

Noël: la fête du slip

La chronique de Martina Chyba, journaliste et productrice à la RTS.

martina Chyba, journaliste et productrice à la RTS
Martina Chyba, journaliste et productrice à la RTS.

Il y a des années que je cherche la réponse à cette question: pourquoi les mécréants comme moi fêtent-ils Noël? Euh…. J’essaie donc de donner du sens à cette histoire, en particulier avec mes enfants, qui sont désormais grands mais qui tiennent mordicus à leur calendrier de l’avent (celui avec les chocolats donc, pas celui avec les images pieuses).

Donc: les boules sont une évolution des pommes que l’on mettait sur les sapins lors des fêtes païennes. Les cadeaux sont inspirés des Rois mages (qui n’ont pas offert un Lego Star Wars au petit Jésus mais en 2000 ans on a le droit d’évoluer un chouïa). Les petits anges partout c’est à cause de l’ange Gabriel. La bûche c’est la bûche que l’on mettait au feu pour la soirée mais depuis l’invention du chauffage central on préfère qu’elle fournisse des calories directement pour les hanches, et les deux semaines de vacances, c’est pour réfléchir au fait que le christianisme est le berceau de notre culture et de notre calendrier et que contrairement à ce que l’on voit partout dans monde, on est censés s’aimer les uns les autres.

Il y a juste un truc que je n’ai jamais percuté. Les sous-vêtements. A Noël apparemment, femme = lingerie. Et pas n’importe laquelle, des machins difficiles à porter au bureau sous un gros pull et que l’on voit habituellement sur les dames du Crazy Horse et sur d’autres dames aussi. Je sais qu’il y a une tradition en Italie consistant à porter des sous-vêtements rouges le soir du 31 décembre, ma perché? Mystère. Les rayons débordent d’imagination pour nous faire croire que Noël est la période la plus sexy de l’année.

Vaste blague, regardez la tête de déterré des gens autour de vous. L’année dernière, un grand magasin avait même disposé des hôtesses en jarretelles pour accueillir les clientes, ou plutôt leurs compagnons. Fatale erreur, c’était l’étage juste en dessous du rayon Playmobil et Barbie et tous les enfants voyaient les créatures en montant l’escalator. L’idée a manifestement été abandonnée.

En résumé, sous le sapin, les hommes reçoivent des Ipad et nous des strings. Alors que franchement, pas besoin d’attendre Noël pour savoir qui porte la culotte. Et puis nous, les ficelles, on préfère les tirer que les avoir entre les fesses. Joyeux Noël!

© Migros Magazine - Martina Chyba

Nos chroniqueurs sont nos hôtes. Leurs opinions ne reflètent pas forcément celles de la rédaction.

Auteur: Martina Chyba