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12 juin 2017

Marzella, le duo qui renverse la sérénade

Marzella, ce sont deux jeunes Vaudoises qui composent et interprètent des chansons rock-folk. A découvrir dans l’hommage qu’elles rendront à «Roméo et Juliette» lors de la prochaine Fête de la musique à Yverdon.

Marzia Celii et Ella Malherbe se retrouvent le vendredi pour répéter dans un studio aménagé au rez de la maison familiale des Malherbe, à Charvornay (VD).

Des goûts et des langues

Il y a Marzia. Il y a Ella. A la fin,ça donne Marzella. Un duo folk-rock de haute tenue, auteur d’un album regroupant leurs propres compositions. Marzia Celii vient d’Orbe (VD) et Ella Malherbe de Chavornay (VD). Elles se sont connues au collège et chantent ensemble depuis l’âge de 15 ans. Matu en poche, elles partent à Londres suivre les mêmes études musicales, terminées l’an dernier par un bachelor. «On voulait perfectionner notre duo, notamment dans le timing, la précision, ou les arrangements. Ça nous a permis aussi de faire plein de concerts, dans un milieu particulièrement stimulant.»

Elles disent avoir des préférences musicales assez différentes, mais se retrouvent quand elles composent. «Nous mélangeons nos goûts, c’est ce qui nous donne notre style.» Marzia revendique parmi ses admirations Zucchero, Ella cite spontanément les Beach Boys. Les deux se reconnaissent dans l’influence de Mumford and Sons, «un groupe qui a fait revivre le folk cool, le vieux folk».

Les chansons de Marzella mélangent avec bonheur l’anglais et l’italien: «On avait un peu peur de ne pas savoir écrire en français, peut-être qu’on se cachait derrière des langues étrangères.» D’autant plus facilement que Marzia est d’origine italienne et qu’Ella a une mère irlandaise. Le tabou est pourtant en train d’être brisé, avec de nouvelles compositions dans la langue de Zazie.

Une journée avec Marzella

9h00 En mode concert«On fait l’obscurité, on allume les spots, on se met en mode concert, ça nous permet de travailler notre expression scénique, les détails, savoir quand bouger, quand dire quoi. Ça évite aussi un trop grand choc quand on passe de la répétition au concert.»

11h00 Promenade bucolique«Nous allons souvent nous balader dans les champs, pour décompresser après une répétition intense. On vient se vider l’esprit et ça fait du bien de respirer cet air de la campagne. A Londres, nous allions dans les nombreux parcs, mais ce n’est pas la même chose.»

12h00 L’esprit de la forêt«C’est ici que nous avons tourné notre premier clip vidéo, pour notre toute première chanson. Notre premier concert, c’était le 26 septembre 2009, nous fêtons ça chaque année, comme si c’était notre anniversaire.»

L'album «To You» «Nous essayons de ne pas parler que d’amour, mais aussi d’amitié, d’injustice, d’incompréhensions, d’épanouissement, avec la nécessité, pour ne pas couler, de se débarrasser des poids qui ne servent à rien. Ou encore de la limite du bien et du mal quand il s’agit de défendre ses proches.»

14h00 Côté jardin«On vient souvent ici discuter, c’est un moment sans stress, ça donne un équilibre à nos répétitions, que l’on aurait pas si on restait tout le temps dedans. On en profite aussi pour composer, ou travailler à l’ordinateur, en programmant par exemple les arrangements.»

15h00 L’art de la sérénade«Nous chanterons sous les balcons et les fenêtres lors de la Fête de la musique à Yverdon. Il y aura nos chansons et des reprises autour du thème de Roméo et Juliette. Des femmes chantant la sérénade au pied des balcons, l’idée d’inverser les rôles nous plaît beaucoup.»

20h30 Sur scène«Il y a un mois, nous sommes parties en tournée, à bord d’un camping-car, on a chanté à Berlin, Amsterdam, Paris, nous avons aussi joué dans un festival en Irlande. Ce qu’il y a de bien avec les chansons, c’est que chacun les comprend comme il l’entend.»

Textes: © Migros Magazine | Laurent Nicolet

Auteur: Laurent Nicolet

Photographe: Mathieu Rod