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9 septembre 2013

L’équitable en boîte

Migros élargit son assortiment Fairtrade de Max Havelaar avec des conserves. Un acte pionnier.

Visite chez un producteur d’asperges péruvien: l’acheteur Migros Enrico Antonini (à dr.) aime convaincre sur place les petits agriculteurs des avantages du commerce équitable.
Visite chez un producteur d’asperges péruvien: l’acheteur Migros Enrico Antonini (à dr.) aime convaincre sur place les petits agriculteurs des avantages du commerce équitable.

Enrico Antonini est un homme très occupé. Acheteur de conserves, il voyage pour Migros dans le monde entier à la recherche de producteurs qui puissent fournir le distributeur en fruits et légumes en boîte.

La particularité de ces produits? Ils doivent arborer le label Fairtrade de Max Havelaar. Mais comme l’explique Enrico Antonini, cette tâche n’est pas si simple: «Pratiquement aucun producteur n’est encore certifié dans le domaine des conserves, à l’exception des cultivateurs d’ananas. Nous faisons donc œuvre de pionniers en développant ce secteur nous-mêmes.»

Seuls les agriculteurs organisés en coopératives peuvent entrer en ligne de compte. De plus, leurs partenaires qui transforment les produits doivent eux aussi répondre aux critères Fairtrade. Un travail de persuasion s’avère souvent nécessaire, «car il n’est pas facile de convaincre les agriculteurs des bienfaits du changement. C’est pourquoi je me rends autant que possible sur place afin de leur montrer que Migros est un partenaire fiable», poursuit Enrico Antonini.

Une nouvelle source de gain pour les petits agriculteurs

En lançant des conserves issues du commerce équitable sur le marché, Migros effectue un grand pas dans la réalisation de sa promesse faite dans le cadre de Génération M. D’ici 2015, le distributeur veut en effet étoffer son assortiment Max Havelaar de 75%.

Dans un premier temps, Migros proposera des litchis, des mangues ainsi qu’un mélange de fruits tropicaux asiatiques. Puis viendront des artichauts, des cœurs de palmier et des asperges du Pérou.

«Cette belle avancée dans le domaine de la production de conserves équitables constitue aussi un plus pour les petits agriculteurs, déclare Enrico Antonini, en citant l’exemple des cultivateurs de litchis de Madagascar. Leur saison ne dure que trois semaines par an. Une partie des fruits frais est exportée, et le reste est vendu sur place avec un maigre profit. La production de conserves est donc une chance pour eux d’exporter davantage, avec un meilleur rendement.»

De fait, l’acheteur Migros est convaincu que le commerce équitable est pour les agriculteurs l’occasion d’améliorer durablement leurs conditions de vie.

Auteur: Andreas Dürrenberger