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27 avril 2015

Elle prête sa voix d’or à la Suisse

Mélanie René, 24 ans, concourra pour l’Eurovision fin mai prochain avec sa composition «Time to shine». Un honneur qui l’émerveille autant qu’il la stresse.

Mélanie René photo
Mélanie René, une rayonnante Romande de 24 ans, a été sélectionnée pour représenter la Suisse à l’Eurovision, fin mai prochain.

Troisième étage du Bon Génie à Genève, rayon Nars, 11 heures. Deux grands yeux sombres se lèvent sur nous un peu timidement, avant d’être ensoleillés par un lumineux sourire. Juchée sur un tabouret, Mélanie René est en pleine séance de maquillage avant notre shooting. Mélanie René? Si son nom ne vous est pas encore familier, nul doute qu’il le deviendra très vite. Car cette rayonnante Romande de 24 ans a été sélectionnée pour représenter la Suisse à l’Eurovision, fin mai prochain. Un honneur qui l’émerveille autant qu’il la stresse, elle qui a toujours rêvé de donner des concerts et qui chante et compose depuis qu’elle a 9 ans.

Je suis certes très speed, car il y a encore beaucoup à fignoler,

mais c’est un stress hyper-positif, de l’adrénaline pure qui m’amène une bonne énergie!», tient-elle à souligner.

Une chanson qui lui tient à cœur

De toute manière, la scène ne lui fait pas peur: «Toute petite, je faisais déjà des spectacles de chant avec ma sœur et mes cousines. C’est drôle, d’ailleurs, car l’une de mes cousines est elle aussi devenue artiste et fait partie de mon quatuor de choristes!» Quant à la chanson qu’elle interprétera, intitulée Time to shine, c’est elle qui l’a composée et elle lui tient particulièrement à cœur: «Je ne l’ai pas créée pour l’occasion, mais l’ai écrite il y a presque deux ans. J’étais alors plutôt timide, et j’ai voulu apprendre à me faire confiance, et me convaincre qu’il faut croire en soi et surmonter ses peurs pour aller de l’avant.

C’était très personnel et un peu thérapeutique!»

Mais glissé parmi d’autres, c’est pour ce titre-là que sa manager Eliane Saint-Dambre a eu un coup de cœur. «Elle m’a convaincue que c’était celle qu’il fallait présenter lors de la finale nationale, et j’ai bien fait d’avoir confiance en elle, comme à chaque fois.»

Mélanie René photo.
Mélanie René.

Riche culture musicale

C’est qu’Eliane, qui la suit depuis qu’elle a intégré à 13 ans son Atelier du Funambule, à Nyon, est tout à la fois coach, confidente, conseillère, garde-chiourme bienveillant et ange gardien. Son école pour auteurs-compositeurs a fermé il y a quelques années, mais le studio existe toujours et Mélanie y prépare maintenant son premier album.

Il faut penser à l’après-Eurovision, martèle sa coach.

C’est important de construire la carrière de Mélanie dans une continuité, et nous avons donc déjà fixé plusieurs dates de concerts après le mois de mai, en sus de la parution de son album à quatre titres.»

A côté d’elle, la jeune chanteuse s’illumine: «Vous savez que Time to shine figure dans les 100 meilleures chansons en Suède?

C’est complètement fou, ce qui m’arrive, j’ai encore de la peine à y croire!»

Il faut dire que si Mélanie a toujours baigné dans la musique grâce à des parents amateurs de styles très différents – Bob Marley grâce à son père, de Tina Turner à Aznavour, en passant par Johnny Cash, Sardou et Elvis grâce à sa mère, et bien sûr le séga, la musique dansante de
l’île Maurice dont tous deux sont originaires – elle n’est pas une enfant de la balle. Ses expériences de la scène et du public, elle les a vécues petit à petit, à l’Atelier du Funambule d’abord, puis en gagnant un concours de chant en Roumanie en mai 2009, avant de passer son bachelor en musique à Brighton l’an passé.

Mélanie René photo.
Mélanie René.

Mais depuis sa nomination en janvier dernier, les événements se sont accélérés: «Ces derniers temps, je suis allée chanter en Lituanie, en Slovénie, en Lettonie, et aussi à Lugano. C’était la première fois que j’allais au Tessin, c’était génial! Chanter dans les autres pays me permet de rencontrer d’autres participants à l’Eurovision. Et puis, qui sait? Peut-être d’inciter certaines nations à voter pour la Suisse, puisque les pays ne peuvent pas choisir leur propre candidat…»

La jeune chanteuse prend ce rôle d’ambassadrice très au sérieux: «Il faut que je me donne à fond, ce n’est pas seulement moi et ma chanson qui sommes en jeu, il faut que je représente le pays dans toute son énergie, sa diversité et sa beauté.» Son astuce, pour tenter de séduire le public et se démarquer des autres concurrents?

Eliane m’a conseillée d’être convaincante dans ce que j’interprète.

Etant donné que cette chanson compte pour moi, j’y mettrai encore plus de cœur. Et j’espère que les gens pourront se reconnaître en elle, de manière à ce qu’on partage un moment fort.»

Les demi-finales auront lieu les 19 et 21 mai à Vienne, et la finale le 23 mai. Mélanie René revêtira pour l’occasion une robe créée spécialement pour elle par le styliste belge Frédéric Luca
Landi. Mais que lui souhaiter pour la finale? «Normalement, c’est «bonne chance», mais plein de gens m’ont dit que dans le monde de la scène, on dit «merde». Si vous trouvez un terme plus joli, je suis partante!»

Texte © Migros Magazine – Véronique Kipfer

Auteur: Véronique Kipfer

Photographe: François Wavre