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7 décembre 2015

Mettraux, boulot, pinceaux

Lauréat d’une bourse de la Fondation Leenaards, le Vaudois Sébastien Mettraux poursuit une belle carrière picturale. Il s’intéresse en particulier aux formes industrielles qui le fascinent depuis l'enfance.

Sébastien Mettraux photo
Sébastien Mettraux dessine depuis qu'il sait tenir un crayon.

Un atelier au riche passé

Sébastien Mettraux peint. Du soir au matin, et depuis presque toujours. «Je dessine depuis que je sais tenir un crayon. A 13 ans, grâce à une voisine qui donnait des cours, j’ai très vite rajouté la couleur. Je voulais devenir artiste, sans trop savoir ce qu’était l’art.»

Le peintre de 31 ans, qui vient de recevoir l’importante bourse culturelle de la Fondation Leenaards, travaille là où il a grandi: à Vallorbe (VD). «Je suis fasciné par les formes industrielles, et très attaché à mes racines. J’ai eu un atelier à Genève, et je vis partiellement à Fribourg où j’enseigne. Mais c'est ici que je crée le mieux.» Et pas n’importe où: dans les hauteurs surannées et fantomatiques de la gare au glorieux passé. «Un décor très inspirant pour moi.»

A 19 ans, pour sa première série importante de toiles, Sébastien Mettraux innove en commençant par modéliser sur ordinateur des intérieurs en béton brut façon bunkers avant de les peindre. Et actuellement, c’est à une série autour des machines industrielles qu’il travaille, les rendant «structurales, quasi abstraites», tout en interrogeant leur sens.

Egalement sculpteur, le diplômé de l’Ecole cantonale d’art de Lausanne et de la Haute Ecole d’art et de design de Genève, entre autres, partage son temps entre la création, la transmission et les accrochages.

Une journée avec Sébastien Mettraux

7h00: Une passion

«Je me réveille dans mon atelier avec la sonnerie de ma montre. C’est une sonnerie mécanique.»

8h00: La peinture en priorité

«La peinture, je m’y mets pendant plusieurs heures. Souvent jusqu’à 13 ou 14 heures, et je m’interromps seulement pour manger un truc vite fait au micro-ondes. On ne peut pas s’arrêter n’importe quand.»

14h00: Accro à l’info

«C’est comme un cérémonial: je descends dans le petit centre de Vallorbe (VD) et je m’arrête boire un café et lire les journaux. Je suis assez accro à l’info, j’écoute souvent la radio en peignant.»

15h00: Devant l'écran

«Je prends un moment devant l’ordinateur pour régler mes affaires administratives. Je prépare aussi les cours que je donne au gymnase de Payerne (VD) et à la Haute Ecole d’ingénierie et d’architecture à Fribourg.»

17h00: Côté luxe

«Je suis passionné par l’horlogerie depuis toujours et je dessine d’ailleurs deux ou trois modèles par an pour de petites marques de haute horlogerie comme Akrivia. Des modèles que je ne peux pas m’offrir, naturellement.»

18h00: L’importance de la transmission

«Je vis la moitié du temps à Fribourg – où je me rends en train – plus près de mes deux lieux d’enseignement. Je ne peins pas là-bas, et du coup j’y prends davantage le temps de cuisiner qu’à Vallorbe.»

Texte © Migros Magazine – Pierre Léderrey

Auteur: Pierre Léderrey

Photographe: Jeremy Bierer