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24 août 2015

La fleur au balai

Michel Simonet, le cantonnier à la rose comme on le surnomme dans les rues de Fribourg, a troqué sa pelle contre une plume le temps d’écrire ses «mémoires» de balayeur. Décapant.

Michel Simonet, le cantonnier à la rose de Fribourg.
Michel Simonet, le cantonnier à la rose de Fribourg.

Bon élève, diplômé du collège Saint-Michel, le jeune Michel Simonet pouvait rêver d’une jolie carrière professionnelle. Or, après quatre ans passés à aligner des chiffres et deux à étudier la théologie, ce Fribourgeois a choisi la voie de la voirie. «Un métier certes sale, non un sale métier, qui privilégie l’intériorité», résume ce cantonnier, poète, philosophe et croyant dans le recueil de vie «Une rose et un balai» qu’il a publié ce printemps aux Editions Faim de Siècle.

«Pour moi, le christianisme véhicule cette idée qu’il faut avoir une existence paisible, ordonnée, simple avec un temps pour la prière et un autre pour le service aux prochains. Ce travail me permet d’accomplir ces qualités-là. On peut donc parler de vocation.» La rue est son Royaume sur terre, il l’arpente et l’astique depuis vingt-neuf ans. Sans relâche ni lassitude.

Parallèlement à sa profession «d’opérateur écologique, d’homme de ménage en plein air, de concierge de quartier, d’hygiéniste du trottoir…», ce quinqua et son épouse ont élevé sept enfants. « Moi, j’en voulais trois, ma femme quatre. Alors, on a mis nos idées en commun!»

Du balai! Michel Simonet nous quitte pour repartir humblement à l’assaut des immondices. Encore et encore tel un Sisyphe des temps modernes…

Une journée avec Michel Simonet

Texte © Migros Magazine – Alain Portner

Auteur: Alain Portner

Photographe: Yannic Bartolozzi