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8 septembre 2014

Mieux protéger les abeilles

Par le biais de son fonds de soutien Engagement Migros, le distributeur a décidé de financer, notamment, la création d’une école suisse d’apiculture.

Hanspeter Gerber
Hanspeter Gerber éloigne les abeilles grâce à de la fumée produite par une combustion d'herbes.

En Suisse, on compte près de 18 000 apiculteurs, amateurs pour la plupart. Hanspeter Gerber est l’un de ceux-là. A Spiez (BE), il élève près de 350 000 butineuses avec passion: «Les abeilles forment une société extrêmement élaborée. Elles me livrent quantité d’enseignements et m’aident à saisir les liens qui structurent la nature.»

Comme d’autres apiculteurs aux quatre coins de la planète, notre interlocuteur a déjà vu périr des colonies entières. Et tous les automnes, il se demande combien de ses bêtes survivront à l’hiver. De fait, la saison froide est synonyme de pertes parfois non négligeables. Hanspeter Gerber en impute la responsabilité aux varroas, mais aussi à l’utilisation de pesticides qui affaiblissent les butineuses, quand ils ne les exterminent pas purement et simplement. De même, la pratique de la monoculture limiterait considérablement leur alimentation.

L’ouverture de l’école suscite un vaste engouement

Or, comme il l’explique, la diminution de la population d’abeilles entraîne une moindre pollinisation des plantes et, in fine, de mauvaises récoltes.

«L’abeille est l’un des insectes les plus utiles de la planète.» Il est selon lui temps d’agir en abandonnant l’usage des produits nocifs ou en encourageant une diversification des cultures qui permettrait aux abeilles de se nourrir en été comme en automne.

Les alvéoles sont operculées; le miel est à maturité et prêt à être récolté.

Hanspeter Gerber attache également une grande importance à la solidité de la formation des apiculteurs, un atout dont la Suisse est actuellement dépourvue. C’est la raison pour laquelle Apisuisse, l’organisation faîtière de l’apiculture helvétique, a décidé de créer un cursus de haut niveau financé par le fonds de soutien Engagement Migros .

Là encore, l’énergie et l’enthousiasme de Hanspeter Gerber font des merveilles. Fort de son expérience – celui-ci enseigne dans des hautes écoles pédagogiques et prodigue ses conseils en matière de développement du personnel – il s’attache aujourd’hui à mettre sur pied l’école d’apiculture, épaulé par une équipe de spécialistes des abeilles.

En attendant, il ne tarit pas d’éloges sur l’action de Migros: «Le groupe n’a demandé aucune contrepartie en échange de son aide financière. Une belle fidélité à la philosophie de Gottlieb Duttweiler: servir la société sans être motivé par l’appât du gain.»

Le premier programme modulaire de la formation débutera cet automne en allemand. Une formation en français est prévue prochainement. Alliant la théorie à la pratique, il durera vingt-sept jours répartis sur trois ans et permettra d’obtenir un brevet fédéral. Hanspeter Gerber se déclare ravi de l’intérêt que suscite cette proposition, qui a déjà enregistré 170 inscriptions.

Des connaissances sur les abeilles mieux diffusées

L’école d’apiculture n’est qu’une mesure parmi d’autres en faveur des abeilles. Le fonds de soutien Engagement Migros encourage aussi un projet de documentation visant à saisir toutes les données sanitaires apicoles et à en proposer un traitement orienté vers la pratique.

Les connaissances ainsi acquises seront diffusées sous forme de conseils à tous ceux qui peuvent contribuer à la protection des abeilles.

Ces initiatives sont loin d’être anecdotiques, comme le reconnaît Greenpeace: «Si la mise en œuvre se passe comme prévu, le projet de documentation annoncé par Migros peut inciter un grand nombre de personnes – jardiniers, employés communaux, mais aussi agriculteurs et particuliers – à protéger les abeilles. De même, une solide formation d’apiculteur ne peut qu’être bénéfique», assure Marianne Künzle, membre de l’organisation écologiste.

Auteur: Daniel Sägesser

Photographe: Daniel Rihs