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10 février 2014

Hors les murs

L’industrie Migros est aussi présente à l’étranger. Dans la ville anglaise de Bradford, une filiale de Mibelle élabore par exemple des soins corporels.

Max 
Constantini pose contre un mur en brique
Après le rachat de sa société par Migros, Max 
Constantini en est resté le directeur: «Nous partageons la même 
philosophie.»
Vue sur la ville de Bradford.
Bradford, environ 300 000 habitants, est situé au nord de l’Angleterre, à une heure de voiture de Manchester. (Photo: Getty Images/Britain on View)

Lorsque Max Constantini, le chef de Hallam Beauty, à Bradford (GB), a annoncé que son entreprise fabriquerait dorénavant des soins du corps pour Migros, l’enthousiasme des personnes présentes était palpable. C’était il y a quatre ans, à l’occasion d’une visite du directeur dans une chaîne de magasins locale. Cet entrain s’expliquait aisément: jusqu’en 2008, Mibelle, une entreprise Migros, vendait du shampooing, des crèmes et des lotions en Grande-Bretagne. Mais la dépréciation de la livre sterling a conduit à la fin des exportations des produits helvétiques, pourtant si appréciés des Anglais. Cependant, Migros n’a pas renoncé à distribuer ses articles au-delà de son marché national.

Depuis 2010, l’entreprise de Max Constantini fait partie du Mibelle Group et a été rebaptisée Mibelle Ltd. «Il s’agissait d’une vraie situation gagnant-gagnant, explique ce natif de Rome. Le but n’était pas de réduire les coûts, mais d’atteindre des objectifs communs.» C’est l’une des raisons pour lesquelles Max, comme l’appellent les quelque 230 collaborateurs de Mibelle Ltd., est resté fidèle à son «bébé» après la vente. «J’étais en accord avec la philosophie du directeur, Luigi Pedrocchi. La société changeait de main, mais la façon de travailler restait la même.»

La carte de la Suisse est affichée dans l’usine

Les employés, eux non plus, n’ont pas été le moins du monde perturbés par le rachat. La seule chose qui les préoccupait était de savoir où se situaient les communes de Frenkendorf (BL) et de Buchs (AG). Pour satisfaire leur curiosité, Max Constantini a accroché dans son bureau une grande carte de Suisse, sur laquelle il peut montrer à ses collaborateurs l’emplacement des usines helvétiques.

Dans ces dernières, à l’inverse, on se demandait avec inquiétude si l’acquisition du britannique conduirait à des suppressions de postes en Suisse. «Il ne sert à rien d’importer des cosmétiques d’Angleterre», explique le sympathique patron.

Pour Migros, la priorité était de reprendre pied en Grande-Bretagne et de profiter de ce marché porteur. «Nos activités sont complémentaires: Mibelle Buchs dispose d’un savoir-faire inégalé dans le domaine des produits pour la peau, tandis que nous sommes spécialisés dans les soins capillaires», précise Max Constantini.

Le voici justement au sein de la division Recherche et développement, où Shahin Pyaru, une microbiologiste, s’assure de l’absence de germes dans un échantillon d’après-shampooing.

La laborantine Sophie Flannigan teste de nouveaux shampooings sur de vrais cheveux implantés dans une tête en plastique.
La laborantine Sophie Flannigan teste de nouveaux shampooings sur de vrais cheveux implantés dans une tête en plastique.

Outre la gamme pour le visage et le corps, l’usine de Bradford fabrique désormais des lessives et des articles d’entretien et génère un chiffre d’affaires de 48 millions de francs.

Dans le laboratoire, les collaboratrices combinent différentes substances actives, avant de tester aussitôt les nouvelles formules.

Pour les shampooings, Mibelle Ltd. a recours à des têtes de mannequin en plastique dotées de vrais cheveux, à l’image de celle qu’utilise Sophie Flannigan.

Une Suissesse à la tête du laboratoire

Le laboratoire est provisoirement dirigé par la Suissesse Cornelia Schürch. Pendant un an et demi, elle sera chargée de comparer les processus entre la Suisse et le Royaume-Uni. «Les Britanniques sont plus flexibles et plus audacieux que nous», estime la spécialiste.

Un ouvrier en train de travailler sur une machine.
A Bradford, la société Mibelle Ltd. élabore neuf cents soins différents pour le marché britannique.

Lorsqu’elles remplissent les critères des tests pratiqués dans le laboratoire qualité de l’entreprise, les nouvelles préparations sont mélangées en grande quantité et versées dans des flacons.

«Nous utilisons au total 10 000 composants différents», précise encore Max Constantini tout en arpentant les halles de production. Ces derniers servent notamment à fabriquer les bouchons, les flacons, les tubes et les emballages. «Seuls 1700 d’entre eux entrent dans la composition de nos 900 références.»

Photographe: Marc Latzel