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27 février 2012

Migros: durable dès l’origine

Un retour sur les 86 ans de son histoire montre que Migros se souciait déjà des hommes et de l’environnement à une époque où personne encore ne parlait de développement durable.

Gottlieb Duttwiler
Gottlieb Duttweiler a fondé la Migros en 1925. Sa Fiat Topolino, devant laquel il pose, est exposée aujourd'hui au Musée suisse des transports. (Photo: DR)

En entrant le mot «durabilité» sur le moteur de recherche Google, on obtient plus de quatre millions d’occurrences, la preuve que cette notion est désormais omniprésente. De nos jours, chaque entreprise ou presque y attache en effet beaucoup d’importance. Or, le développement durable caractérisait déjà Migros bien avant que l’expression ne devienne à la mode. Avec son entreprise, le fondateur Gottlieb Duttweiler souhaitait non seulement faire du profit mais aussi être au service du bien commun. Selon lui, c’était «l’homme et non l’argent qui devait être au centre de l’économie».

De nombreuses phrases prononcées par Gottlieb Duttweiler résonnent encore de façon étonnamment actuelle. Ainsi, il était fermement convaincu que «seul un capitalisme assorti de prestations sociales peut et doit s’imposer». A ses yeux, le bien des clients, des employés et de la société dans son ensemble passait au premier plan, même si Migros devait pour cela renoncer à une partie de son bénéfice. Un exemple éclatant est le refus de vendre de l’alcool et du tabac, un refus toujours d’actualité dans les magasins Migros. Dès l’origine, l’entreprise a ainsi apporté une contribution à la santé publique.

Certes, ces égards envers l’homme et l’environnement n’ont pas été inspirés que par des idéaux; ils ont aussi été le fruit de réflexions d’ordre pratique. C’est ce que montre l’exemple du pont ferroviaire qui a permis de raccorder l’entreprise valaisanne du groupe Migros Aproz au réseau des CFF en 1961. Les bouteilles d’eau minérale représentaient simplement une marchandise lourde qu’il était plus facile de transporter par train que par camion. Jusqu’à présent, d’ailleurs, Migros continue d’acheminer une grande partie de ses produits par le rail plutôt que par la route.

Forte de sa longue existence, Migros a toujours fait œuvre de pionnière pour le bien de l’environnement et de la société.

Voici quelques dates-clés qui en témoignent:

1925: fondation de Migros et l’importance de la santé
L’histoire de Migros a commencé il y a 86 ans avec les premiers camions-magasins Ford T. Ceux-ci amenaient des produits, à la fois de qualité et bon marché, directement aux clients. Au début, l’assortiment se limitait à six articles de base: sucre, pâtes, café, riz, graisse de coco et savon. D’emblée, alcool et tabac en étaient exclus. Et cela n’a jamais changé, même après un élargissement rapide de l’offre. Au fil des ans, Migros s’est engagée de nombreuses autres façons en faveur de la santé publique. Un bon exemple est son soutien au sport. Migros sponsorise aujourd’hui presque toutes les courses populaires de Suisse, allant de la Course de l’Escalade, à Genève, à Morat-Fribourg.
A quoi s’ajoutent les Fitnessparcs Migros.

1957: fondation du pour-cent culturel, la cutlure pour tous
«Dans ce riche pays, trop peu de choses ont été faites pour permettre aussi aux couches les moins aisées d’accéder à des prestations et des biens culturels.» Des propos clairs que le fondateur de Migros a fait suivre par des actes Quel que soit son bénéfice, l’entreprise allait dorénavant investir une part fixe de son chiffre d’affaires dans des projets culturels et sociaux. Actuellement, le montant dépasse les 100 millions de francs par an. Cette politique était à l’époque unique en Europe et dans le monde et l’est d’ailleurs toujours restée. L’Ecole-club Migros en est un remarquable exemple. Le Pour-cent culturel investit plus de la moitié de son budget dans cette offre de cours. Il soutient aussi de façon ciblée des institutions régionales, comme le parc Pré Vert du Signal de Bougy (VD), ainsi que la culture locale, y compris des expositions dans de petits musées. La vision du fondateur – démocratiser l’accès à l’éducation et à l’art – déploie encore ses effets.

1961: Aproz est raccordé au réseau CFF et Migros mise sur le transport ferroviaire
De 1959 à 1961, Aproz s’est raccordé au réseau ferroviaire. Plus de 3 km de voies privées ont ainsi été posées et un pont a été bâti sur le Rhône, ce qui a permis aux trains de rouler jusqu’à l’intérieur de l’usine. Depuis, Aproz a acheminé 4,2 milliards de litres de boissons par le rail. Cet acte pionnier s’inscrit dans la stratégie de transports à long terme de Migros. Chaque année, Migros fait rouler 80 000 wagons, ce qui fait d’elle le plus gros client de CFF Cargo. Mais Migros œuvre en faveur de l’environnement à travers bien d’autres initiatives. Elle compte ainsi optimiser l’emballage des deux cent cinquante articles les plus vendus dans un délai de trois ans afin de faire baisser de 10% son impact environnemental. Citons aussi l’optimisation des systèmes de réfrigération dans les magasins depuis plusieurs années. Tous les meubles de congélation disposent d’un couvercle. Dans cinquante de ses magasins, Migros a équipé les rayons réfrigérés d’une porte en verre, ce qui permet une réduction de la consommation de courant égale à celle de cent maisons familiales.

1974: lancement de M-Sano, l’ancêtre de tous les labels
Lors de la votation générale de 1970, les coopérateurs Migros ont exprimé le désir de voir davantage de produits issus d’une agriculture respectueuse de l’environnement garnir les étalages Migros. Quelques temps après, Migros concrétisait son programme M-Sano. L’objectif était de produire des aliments de façon naturelle, en recourant le moins possible aux intrants chimiques. Les conseillers M-Sano aidaient les producteurs à appliquer les directives et procédaient régulièrement à des contrôles inopinés. Seuls les produits répondant à toutes les exigences de qualité pouvaient intégrer l’assortiment de Migros. Au tournant du millénaire, quand Migros a mis fin à son programme M-Sano, le terrain était depuis longtemps prêt pour de nouveaux labels. Aujourd’hui, les consommateurs soucieux d’écologie rencontrent les labels Utz Certified et Max Havelaar, cuisinent du poisson MSC issu de pêche responsable, l’accompagnent de pommes de terre TerraSuisse et s’en régalent assis sur des chaises en bois FSC de production durable.

1987: le congé maternité, une responsabilité sociale
Migros, le plus grand employeur privé de Suisse, et qui occupe plus de 86 000 personnes, a introduit le congé maternité déjà en 1987, faisant une fois de plus œuvre de pionnier dans les questions sociales, puisqu’au niveau fédéral l’assurance maternité n’a été introduite qu’en 2005. En plus, les prestations de Migros prévoient un congé de seize à dix-huit semaines pour toutes les mères, à plein salaire, alors que la loi ne prévoit que quatorze semaines et une indemnité d’à peine 80% du salaire.
Les pères aussi sont bien lotis à Migros. Chacun d’entre eux peut prétendre à quatre semaines de congé paternité durant le premier an du bébé. Deux semaines sont payées par Migros et les deux autres peuvent être prises à titre de congé non payé. «Cette prestation fait de Migros une pionnière, et rares sont les entreprises à lui avoir emboîté le pas», souligne Hans-Rudolf Castell, responsable des ressources humaines de Migros.

2009: la durabilité, une valeur fondamentale et un partenariat stratégique avec le WWF
Migros et le WWF travaillaient déjà ensemble avant la signature de leur partenariat stratégique en 2009. Cette collaboration se faisait sur la base de projets ponctuels, comme pour l’huile de palme ou le bois de production durable. La situation a changé en 2007 quand Migros a créé un poste de chef du développement durable. Pour la première fois, les organisations non gouvernementales telles que l’Association transports et environnement (ATE), Greenpeace et Pro Natura avaient un interlocuteur unique et clairement défini. En 2009, les deux partenaires ont décidé d’institutionnaliser leur fructueuse coopération. «Depuis la conclusion du partenariat stratégique, Migros appuie tous les projets du WWF destinés aux enfants et à la jeunesse, une étape logique pour une entreprise qui soutenait déjà le Pandamobile du WWF depuis 2001, explique Cornelia Diethelm, cheffe du développement durable à Migros.

Auteur: Christoph Petermann, Daniel Sägesser, Michael West, Andreas Dürrenberger