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6 juillet 2015

Migros investit dans la recherche

La coopérative soutient divers projets de recherche visant une production plus respectueuse de l’environnement. Expert en développement durable, Manfred Bötsch explique les enjeux de cet engagement.

Manfred Bötsch
Manfred Bötsch est chef de la Direction Développement durable et Gestion de la qualité à Migros et ancien directeur de l’Office fédérale de l’agriculture.

Migros finance chaque année différents projets de recherche à hauteur d’un demi-million de francs. Quelles sont les raisons de cet engagement?

Nous entendons jouer un rôle de pionnier en matière de durabilité. Nous devons pour cela être proactifs et chercher des alternatives, ce qui implique d’établir des partenariats avec des instituts de recherche compétents.

A quels domaines ces recherches s’intéressent-elles?

Nos projets se concentrent sur des thèmes relatifs à l’environnement, au bien-être animal et à des problématiques sociétales. Car en fin de compte, il s’agit pour nous de renforcer le développement durable et de nous imposer comme des précurseurs dans ce domaine.

Pouvez-vous être plus concrets?

Prenons par exemple le méligèthe du colza. Ce ravageur pose de graves problèmes car il mange les bourgeons, entraînant ainsi une diminution massive des rendements. L’Institut Agroscope , affilié à l’Office fédéral de l’agriculture, effectue actuellement des expériences sur un champignon susceptible d’affaiblir le méligèthe et de réduire les dégâts qu’il occasionne sans recourir aux pesticides. Autre exemple: les élevages de poissons, qui font eux aussi l’objet de recherches intensives.

Pourquoi les poissons en particulier?

La pêche sauvage, en mer ou sur les lacs, ne parvenant plus à satisfaire la demande croissante, les élevages prennent de plus en plus d’importance. Ainsi, la moitié des poissons vendus à Migros proviennent d’ores et déjà de ces filières. Mais ces dernières suscitent bien des interrogations quant à la santé des poissons.

Quels sont les enjeux dans ce secteur?

Nous n’avons une longue expérience que pour les élevages de truite. Et la législation en matière de protection de l’environnement interdit de construire de nouvelles piscicultures. C’est pourquoi nous soutenons des projets de recherche sur les élevages de poissons en circuit fermé. Il s’agit de purifier l’eau au fur et à mesure afin d’utiliser le moins d’eau nouvelle et d’énergie possible tout en garantissant la santé irréprochable des animaux. Ce n’est qu’ainsi que nous pourrons fournir des produits frais et sains.

Et concrètement, qu’expérimentez-vous?

Nous sommes de plus en plus souvent confrontés à des maladies. Notamment, le saprolegnia est un parasite qui attaque les écailles des poissons et les affaiblit. Nous cherchons à éradiquer ce mal à l’aide de méthodes naturelles, en utilisant par exemple des extraits de plantes que l’Institut de recherche de l’agriculture biologique (FiBL) teste actuellement. Certaines de ces substances renforcent le système immunitaire des poissons et d’autres attaquent directement le parasite.

Les résultats sont-ils satisfaisants?

Très! L’extrait qui s’en prend au parasite a fait la preuve de son efficacité en laboratoire et comme il s’agit d’une substance naturelle, il est biodégradable. Car bien sûr, il ne faudrait pas que des résidus subsistent dans l’eau. L’extrait doit bientôt être testé en pisciculture.

Et qu’en est-il des défenses immunitaires des poissons?

Les chercheurs n’ont pas pu mettre en évidence un effet protecteur direct, mais ils ont eu la surprise de constater que les poissons nourris avec les extraits grandissaient plus vite que les autres.

Texte © Migros Magazine – Sabine Müller

Auteur: Sabine Müller