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12 mai 2014

Migros s'engage pour une économie plus verte

Les entreprises suisses doivent, selon les autorités politiques, devenir plus vertes. Avec son programme Génération M, Migros s’engage d’ores et déjà spontanément.

Point de collecte
Un acte pionnier: Migros est le seul distributeur à reprendre aussi les bouteilles en plastique coloré d’usage ménager.

Si tous les êtres humains vivaient comme les Suisses, nous aurions besoin des ressources naturelles de 2,8 planètes Terre. Tel est le constat que font non seulement les défenseurs de la nature, mais aussi le Conseil fédéral. Ainsi, en procédant à une révision de la loi sur la protection de l’environnement, le gouvernement entend sensibiliser les entreprises helvétiques à cette problématique et les contraindre à adopter un comportement plus responsable en matière de gestion des ressources.

Cette révision constitue un contre- projet indirect à l’initiative populaire des Verts intitulée «Pour une économie durable et fondée sur une gestion efficiente des ressources (économie verte)».

A travers les nombreuses promesses formulées dans le cadre de son programme de durabilité Génération M, l’enseigne tend d’ores et déjà vers l’idéal d’une économie verte. Christine Wiederkehr-Luther, responsable de l’écologie à la Fédération des coopératives Migros, nous livre ses réflexions sur la régulation par les pouvoirs publics et sur l’engagement ambitieux de Migros.

Christine Wiederkehr-Luther est responsable de l'écologie à MIgros (photo: DR).

Christine Wiederkehr-Luther, comme le Conseil fédéral, Migros rejette l’initiative populaire sur «l’économie verte». Pourquoi?

De notre point de vue, ce texte pose des exigences trop élevées, ce qui pourrait entraîner une vague de réglementations successives. Or l’un des points forts de l’économie suisse réside justement dans sa capacité à responsabiliser les entreprises en encourageant l’autodiscipline. Si tout était fixé par la loi, cela reviendrait à mettre en œuvre un programme environnemental étatique, qui ne laisserait aucune place aux solutions volontaristes et à l’esprit d’initiative – de Migros, mais aussi des autres détaillants.

Le Conseil fédéral propose un contre-projet: la révision de la loi sur la protection de l’environnement. En quoi celle-ci se distingue- t-elle de l’initiative populaire?

Un plan d’action concret a été défini. Il repose sur deux axes principaux, qui concernent tout particulièrement la grande distribution: l’amélioration écologique de l’assortiment et une plus forte réglementation dans le domaine de la gestion des déchets et du recyclage.

recyclage
Les vieilles bouteilles en plastique permettent de produire de nouveaux articles.

Par quoi cela se traduit-il?

Les détaillants doivent par exemple collecter un nombre encore plus grand d’emballages. Migros s’y attelle déjà: elle est la seule enseigne qui permet à ses clients de rapporter aussi leurs bouteilles en plastique coloré d’usage ménager, et ce, dans tous les magasins. Ces rebuts constituent une matière première précieuse utilisée pour la fabrication des revêtements de câbles et des tuyaux en plastique. Dans le même temps, nous nous efforçons de réduire en amont le volume de déchets en évitant les suremballages.

Migros approuve-t-elle ce contre-projet?

Nous sommes d’avis qu’il faut aller plus loin dans la réduction de l’empreinte écologique. C’est pourquoi nous soutenons l’orientation générale du plan d’action du Conseil fédéral. Nous saluons notamment l’idée d’une plateforme de dialogue sur l’économie verte. Celle-ci doit permettre à la sphère politique et aux milieux économiques de définir ensemble des mesures. Il est essentiel que les pouvoirs publics laissent aux entreprises une certaine marge de manœuvre avant d’intervenir. Cela étant, nous sommes en désaccord avec certaines dispositions du contre-projet.

A savoir?

Nous sommes par exemple opposés à une déclaration environnementale obligatoire mentionnant l’empreinte écologique de chaque produit. Il s’agit en effet d’une mesure difficile à appliquer, et rien n’indique qu’elle influerait sur le comportement des consommateurs.

Migros doit-elle tenter d’éduquer ses clients – et le peut-elle?

Non, ce n’est pas le but. Mais nous pouvons leur suggérer de nouveaux comportements. C’est ce que nous faisons avec le programme Génération M. En tenant nos promesses, nous assumons pleinement nos responsabilités envers la société et donnons à nos clients la possibilité d’en faire autant. Ainsi, Migros ne cesse de développer son assortiment de produits labellisés, synonymes de plus-value sociale et écologique – une stratégie qui nous a permis de réaliser un chiffre d’affaires de plus de deux milliards de francs l’année passée. Nous sommes convaincus que nous contribuons plus à la protection de l’environnement en agissant de cette manière.

Autre thème politique d’une actualité brûlante: le problème du littering, ou des déchets sauvages. La ville de Berne a proposé d’instaurer une redevance à ce sujet pour les points de vente; au niveau fédéral, on envisage de taxer les emballages de boissons. Est-ce la bonne méthode?

Le littering est un problème de société – cela, personne ne le conteste. Cependant, une étude récente montre que la majeure partie de la population ne jette pas ses déchets dans l’espace public: c’est bien ce comportement qui constitue la norme. De ce fait, une taxe sur le littering sera considérée comme injuste par les commerçants et les consommateurs, sanctionnés pour une infraction qu’ils n’ont pas commise. Autrement dit, les taxes risquent d’être contre-productives, voire de pousser vraiment au littering: après tout, on aura payé pour se débarrasser de ses ordures…

Quelles sont les solutions proposées par Migros pour résoudre le problème des déchets dans l’espace public?

Des poubelles sont disposées à l’entrée de presque tous les magasins Migros, afin que les clients puissent jeter rapidement et facilement les emballages de leurs produits à l’emporter. A Bâle et à Lucerne, certains collaborateurs Migros gèrent eux-mêmes les poubelles publiques situées à proximité de leur lieu de travail. Et à Berne, nous testons actuellement un système de vaisselle réutilisable dans un take-away, une initiative qui reçoit un accueil très favorable.

Auteur: Andreas Dürrenberger

Photographe: Ueli Christoffel, Daniel Ammann