Archives
12 août 2013

Un engagement sans frontières pour le bien-être animal

Pour Migros, les normes suisses en matière de bien-être animal doivent aussi s’appliquer à l’étranger. C’est pourquoi, dans le cadre de Génération M, la coopérative a fait une promesse audacieuse allant dans ce sens.

Des poulets en Valais: à l’avenir, leurs congénères des exploitations étrangères seront traités de la même manière qu’en Suisse.
Des poulets en Valais: à l’avenir, leurs congénères des exploitations étrangères seront traités de la même manière qu’en Suisse.

Selon une étude de l’Office fédéral de l’agriculture, publiée en mars 2013, la Suisse est à l’avant-garde en matière de protection animale. Les dispositions dans ce domaine ainsi que leur mise en œuvre sont globalement plus strictes dans notre pays que chez nos voisins allemands, autrichiens, français et néerlandais. En optant pour de la viande suisse, les consommateurs ont donc l’assurance que les bêtes ont été correctement traitées.

Le bien-être animal est très important aux yeux de Migros. C’est pourquoi la majorité des produits carnés vendus par le distributeur sont issus d’exploitations helvétiques. Près de 100% de la viande de bœuf, de veau et de porc est ainsi d’origine suisse.

Vidéo: campagne sur le bien-être animal (source: Youtube - Génération M)

S’agissant des autres animaux de rente, la coopérative reste dépendante des importations – notamment pour le poulet, la dinde ou le lapin – car l’offre indigène ne permet pas de couvrir la demande.

Toutefois, pour Migros, le bien-être des animaux doit être une priorité quel que soit le lieu d’élevage. Le distributeur entend garantir à ses clients que tous les produits d’origine animale vendus dans ses magasins ont été élaborés dans le respect des espèces.

Migros a donc fait une promesse audacieuse dans le cadre de Génération M: d’ici 2020, tout son assortiment sera conforme aux normes suisses en matière de bien-être animal. Cet engagement concerne non seulement la viande, mais aussi les œufs, les produits laitiers, les articles transformés et les aliments servis dans les restaurants Migros. Seules exceptions: les articles de marque également proposés par d’autres distributeurs suisses.

La coopérative concentre pour commencer ses efforts là où elle a le plus d’influence, c’est-à-dire sur ses propres marques.

Pour ce faire, Migros collabore avec les experts d’organisations telles que la Protection suisse des animaux (PSA) afin de définir des exigences adaptées à chaque espèce.

Le distributeur a déjà mené des expériences fructueuses dans ce domaine: en Hongrie, la viande de lapin est produite selon les normes fixées par l’enseigne, et dès cet automne, les standards helvétiques s’appliqueront également à la viande de dinde. Reste la partie la plus ambitieuse du projet: la conversion du secteur du poulet étranger. Elle concernera en effet un volume d’importation de plusieurs centaines de tonnes par an et doit être achevée d’ici deux à trois ans.

Oskar Sager, chef du marketing Migros, nous explique ci-dessous comment il va procéder pour tenir sa promesse.

«En cas de problème, nous ne fermerons pas les yeux»

Entretien avec Oskar Sager, chef du marketing Migros.

Oskar Sager, chef du marketing Migros.
Oskar Sager, chef du marketing Migros.

Comment Migros peut-elle imposer à l’étranger les normes suisses en matière de bien-être animal?

Nous recherchons des partenaires motivés qui partagent nos valeurs. Notre collaboration avec des producteurs étrangers, notamment en ce qui concerne la viande de lapin, s’est avérée positive.

Comment Migros évalue-t-elle le respect par les partenaires étrangers de ces normes?

Grâce à notre processus d’achats et à Micarna, l’une de nos entreprises industrielles, nous disposons d’un savoir technique approfondi qui est le fruit de nombreuses années d’expérience et qui s’enrichit de jour en jour. En concertation avec des experts indépendants issus d’institutions telles que la Protection suisse des animaux (PSA), Kagfreiland, et Vier Pfoten, nous définissons en outre les critères que nos partenaires étrangers doivent remplir pour se conformer aux prescriptions de l’Ordonnance suisse sur la protection des animaux.

Trouvera-t-on à l’avenir davantage de produits agricoles venus de l’étranger?

Non, nous privilégions encore et toujours la Suisse, en particulier pour les produits agricoles et les denrées alimentaires. 75% de ces articles sont issus d’exploitations helvétiques, et cette proportion ne sera pas réduite. Elle nous permet en effet de garantir le respect d’exigences qualitatives élevées ainsi que la traçabilité de notre assortiment, ce qui est primordial. Cependant, concernant certains types de viande – notamment la volaille, l’agneau, le lapin et le gibier –, nous continuerons de nous fournir à l’étranger pour couvrir la demande.

Pourquoi faut-il autant de temps à Migros pour opérer cette conversion?

Cette promesse de Génération M est très ambitieuse et nécessite un engagement total de notre part. En cas de problème dans des élevages à l’étranger, nous ne fermerons pas les yeux. Désormais, nous assumons cette responsabilité et sommes prêts à relever le défi. Cela exige cependant un travail important et des investissements élevés. Ces derniers doivent être planifiés sur plusieurs années avec différents partenaires de nombreux pays, puis mis en œuvre dans les meilleures conditions possible.

Comment Migros finance-t-elle ces transformations?

Le bien-être animal nous tient particulièrement à cœur, c’est pourquoi nous sommes disposés à réaliser des investissements significatifs dans ce domaine – notamment pour couvrir les coûts de planification, de lancement et d’infra­structures qui interviennent avant même la commercialisation des produits. Mais il n’y a pas de secret: si nous voulons nous engager en faveur du bien-être animal à moyen et long terme, nous devrons assumer des surcoûts. La valeur des produits s’en trouvera cependant accrue, et une partie des investissements sera répercutée sur les prix.

Est-ce à dire que les clients devront régler une partie de la note?

La conversion des exploitations engendre des coûts supplémentaires pour Migros et pour les producteurs. Un ajustement modéré des prix est donc indispensable. Mais nous savons que beaucoup de nos clients sont disposés à payer un peu plus cher pour bénéficier de toutes ces plus-values.

Migros pourra-t-elle rester compétitive?

Migros n’a pas l’intention de soutenir les élevages intensifs, qui se développent très rapidement et cherchent en permanence à réduire les coûts au détriment des animaux et de l’environnement. Nous parvenons à gagner et à conserver la confiance de nos clients en assumant nos responsabilités non pas seulement pour la commercialisation, mais aussi pour l’élaboration et la transformation de nos produits. Ce faisant, nous lançons un signal fort.

Auteur: Daniel Sidler, Andreas Dürrenberger

Photographe: Jorma Müller, Nik Hunger