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27 mai 2013

Mobilité: que se passe-t-il dans la tête des Genevois et des Lausannois?

Vincent Kaufmann, professeur à l'EPFL et expert en mobilité, a mené une étude pour connaître l'avis des Genevois et des Lausannois à propos des transports publics.

Vincent Kaufmann
Vincent Kaufmann, professeur à l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne et secrétaire général de la Communauté d’études pour l’aménagement du territoire CEAT. (Photo: DR)

Les questions de mobilité sont au cœur de l’actualité dans la plupart des villes de Suisse, elles suscitent des débats locaux passionnés et véhiculent parfois des idées reçues auxquelles il n’est pas inutile de faire un sort. La propension de la population genevoise, lausannoise et bernoise à utiliser les différents moyens de transport dont elle dispose, et son évolution depuis vingt ans, que nous avons eu l’occasion d’étudier en détail, est très riche en enseignements de ce point de vue.

A Berne, il y a vingt ans, l’utilisation de l’automobile en ville était déjà marginale. De nombreuses voix estimaient que cette situation était due à l’excellence des services de transports publics et que dans ce domaine, les villes romandes étaient en retard et que les habitants y étaient plus attachés à leur voiture. Qu’en est-il vingt ans plus tard? Lausanne et Genève se sont lancées ces dernières décennies dans des politiques de transports ambitieuses et se rapprochent de Berne en termes d’utilisation des différents moyens de transport. Actuellement, la grande majorité des usagers utilisent plusieurs moyens de transport et il n’est plus guère possible d’opposer des automobilistes à des usagers des transports publics… parce que ce sont les mêmes personnes!

L’étude montre aussi que l’image de l’automobile s’est significativement dégradée, tout particulièrement parmi les moins de 35 ans, pour qui l’objet qui incarne le mieux l’idée de liberté n’est plus la voiture, mais souvent le smartphone. Cette tendance se retrouve aussi bien à Genève et Lausanne qu’à Berne.

Mais le plus intéressant est sans doute les contrastes mis en évidence entre Lausanne et Genève en matière d’expérience des transports urbains. A Lausanne, le métro M2 a un pouvoir de séduction qui rejaillit sur l’ensemble du réseau des transports publics, qui jouit d’une très bonne image. A Genève, au contraire, l’image des transports en commun reste plus mitigée, notamment en ce qui concerne les changements de lignes, mais leur utilisation est plus intensive qu’à Lausanne, conditions de stationnement et de circulation obligent.

Auteur: Vincent Kaufmann