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27 juillet 2015

Moins de sel et de sucre

Migros s’est donné jusqu’en 2019 pour modifier la recette de plus de cent cinquante produits en réduisant par exemple leur teneur en sucre et en sel. Annina Erb, cheffe du département Nutrition et santé à Migros, nous expose les avantages de cette démarche.

Annina Erb
Annina Erb présente trois des cent produits dont la composition a déjà été revue.

Annina Erb, pourquoi Migros modifie-t-elle la composition de plus de cent cinquante produits de son assortiment?

D’une manière générale, les Suisses consomment trop de sel, de sucre et de matières grasses, et pas assez de fibres. Ces habitudes alimentaires augmentent les risques de surpoids, de diabète et de maladies cardiovasculaires. Bien sûr, une bonne hygiène de vie ne se résume pas à une alimentation équilibrée. C’est une sorte de puzzle composé de très nombreuses pièces, dont une activité physique en suffisance. Cependant, en adaptant nos recettes, nous souhaitons influer sur au moins l’un de ces facteurs afin de contribuer au bien-être de nos clients.

Cette démarche ne risque-t-elle pas d’altérer le goût des produits?

Les entreprises de la M-Industrie concernées par le projet s’efforcent de préserver l’arôme de leurs articles en remplaçant par exemple le sel par des herbes aromatiques ou autre condiment de ce type. Une autre méthode consiste à habituer les consommateurs à ces changements en réduisant progressivement la teneur en sucre dans la composition.

Ces quelque cent cinquante produits ne sont qu’une fraction de l’assortiment Migros. Pourquoi ne pas en faire plus?

Migros a analysé 1400 de ses références alimentaires avec l’aide d’experts de la haute école spécialisée de Wädenswil (ZH). Ces travaux ont montré que de nombreuses références n’avaient pas besoin d’être modifiées. A l’issue des examens, les spécialistes ont identifié plus de cent cinquante produits à améliorer, par exemple des yogourts, des soupes, des plats prêts à servir et des céréales du petit-déjeuner. Mais si le nombre d’articles est limité, leur optimisation n’est pas une mince affaire.

Quelles sont les difficultés?

Si vous réduisez la teneur en matières grasses d’un aliment, par exemple, vous risquez de modifier sa texture. Il faut alors adapter le processus d’élaboration pour éviter cela. Et il faut aussi soumettre le produit à des groupes-test de clients pour s’assurer que la nouvelle saveur correspond à leurs attentes.

Que se passera-t-il après 2019?

Les compositions optimisées serviront de standards pour des catégories entières de produits. Ainsi, les nouvelles références de soupe, produits cuisinés ou muesli lancées après 2019 afficheront une teneur en sucre, sel et matières grasses aussi réduite que possible et contiendront une dose déterminée de fibres.

Auteur: Michael West

Photographe: Christian Schnur