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24 octobre 2016

Monde virtuel, mais sensations réelles

Le Playstation VR réinvente entièrement la manière de jouer et embarque les gamers dans une expérience à la fois fascinante et éprouvante. Petites natures s’abstenir...

La simulation de course proposée par le Playstation VR est loin d’être de tout repos...

Je regarde devant moi. Je vois une rue goudronnée, trois Ferrari rutilantes et deux Maserati d’un vert éclatant. A l’arrière-plan, j’entends les moteurs vrombir. Pourtant, je ne sens pas l’odeur du carburant, mais celle d’un gâteau sorti du four. Il faut dire que je ne suis pas assis au volant d’une voiture: je suis chez moi, sur mon canapé. Et je suis loin d’être détendu: mon pouls bat à 180 pulsations/minute, tandis que je fonce à travers la vallée du Fraser au Canada.

Le Playstation VR est un casque de réalité virtuelle qui transporte son utilisateur dans un autre monde. Pour en profiter, il faut impérativement être équipé d’une Playstation 4, de la caméra correspondante et d’un jeu compatible, par exemple la simulation de course «DriveClubVR». Une fois le casque coiffé et la pédale d’accélérateur enclenchée, on oublie tout: on est dans le cockpit d’un bolide de course – avec toutefois 800 francs de moins sur son compte bancaire. C’est en effet le coût total moyen de la console de jeu et de ses accessoires.


En «techno freak» digne de ce nom, je suis fasciné par la réalité virtuelle. Cette innovation ne change pas la manière de jouer: elle la réinvente entièrement. Piste de course, terrain de foot ou scène de tirs à la sauce western – en quelques secondes, on passe d’un lieu à l’autre, en restant toujours au centre de l’action. Une gymnastique qui n’est pas de tout repos pour le corps et l’esprit! Car vivre toutes ces aventures est loin d’être simple...

De la simulation à la réalité

La plongée dans la réalité virtuelle – carambolages en série à 300 km/h, dérapages, effets de roulis – est tellement troublante au niveau physique que le cerveau a peine à suivre. Au bout de dix petites minutes de «DriveClubVR» seulement, je me suis senti tellement mal que j’ai dû ôter le Playstation VR pour aller respirer de l’air frais. Et il m’a fallu trois heures – soit vingt fois la durée de jeu – pour être pleinement reposé.

Ce phénomène n’est pas seulement réservé au jeu vidéo. Ainsi, nul besoin de réalité virtuelle pour certains voyageurs empruntant régulièrement le train pendulaire Cisalpino. Ce n’est pas sans raison que cette manifestation désagréable dont souffrent les joueurs est appelée mal des transports (cinétose). Mais l’organisme peut-il s’habituer à force d’entraînement? Les avis des spécialistes divergent. Une chose fait cependant l’unanimité: tout jugement définitif est prématuré. La réalité virtuelle n’en est qu’à ses balbutiements, quoi que la qualité offerte par le Playstation VR puisse laisser penser. Et c’est pour cela que je retenterai une nouvelle fois l’expérience, malgré les haut-le-cœur...

Texte © Migros Magazine – Reto Vogt

Photographe: Holger Salach