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19 novembre 2012

Monsieur Cellophane était Suisse!

Isabelle Kottelat est emballée par une découverte qui remonte à plus longtemps qu'on ne l'imaginerait.

Croquis d'un poulet cuit enrobé de cellophane
Emballé c'est pesé!

Qui n’a pas dans sa cuisine un rouleau de ce film transparent très utile pour protéger les restes de nourriture à conserver au réfrigérateur… quand on arrive à le désentortiller des doigts? Oui, du cellophane, comme on l’appelle encore couramment. A tort, aujourd’hui, puisque ça n’en est que rarement. Mais les habitudes de nom sont coriaces. On appelle bien toujours n’importe quel ruban adhésif du scotch, même ceux qui ne sont pas de cette marque, ou des kleenex n’importe quel mouchoir en papier.

Bref, normalement, c’est l’inventeur (ou l’entreprise) qui donne son nom à son invention. Comme la poubelle pour Monsieur Poubelle ou le sandwich de Monsieur Sandwich. Si, si. Pour le cellophane, c’est le contraire. C’est Jacques Edwin Brandenberger qu’on a fini par appeler Monsieur Cellophane à cause de son procédé inédit de fabrication de pellicule d’emballage qu’il avait lui-même baptisé ainsi en contractant les mots «cellulose» et «diaphane»: littéralement «feuille» et «translucide». C’était en 1908 déjà. Monsieur Cellophane était un chimiste suisse expatrié à l’étranger – pas loin, juste en France – et quasi inconnu dans sa patrie d’origine. Franchement vous saviez son nom, vous?

Or donc, son papier transparent et étanche a fait fureur dès sa sortie. Il faut dire aussi que les plastiques transparents n’étaient pas encore nés. Le cellophane a donc eu le monopole de l’emballage dans l’industrie jusque dans les années 50. Dans nos cuisines aussi, sauf qu’aujourd’hui, c’est un peu différent.

Faites le test: si votre film transparent est bruyant quand vous le froissez, il s’agit de vrai cellophane. Sinon, vous utilisez juste une nouvelle substance moins coûteuse, du polypropylène ou du PVC. Du banal plastique alimentaire quoi.

Pour autant, le cellophane, le vrai, est toujours utilisé dans les chaumières, par exemple pour fermer les pots de confiture faits maison. On mouille la feuille, elle s’assouplit et on peut fermer le bocal hermétiquement. Emballé c’est pesé.

Auteur: Isabelle Kottelat

Photographe: Konrad Beck