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15 juillet 2013

Montre-moi ton ticket de caisse et je te dirai qui tu es

Le psychologue nutritionniste Robert Sempach s’est amusé à deviner quel type de consommateur se cachait derrière une quittance.

Peut-on définir une personne simplement en lisant un de ses tickets de caisse? Ce petit bout de papier volant donne-t-il suffisamment d’informations? Le psychologue nutritionniste Robert Sempach, en charge de la santé après de la Direction des affaires culturelles et sociales de Migros, a accepté de jouer les voyants en analysant uniquement la quittance ci-contre.

«Il s’agit d’un ménage à quatre personnes étant donné que ce client a acheté deux barquettes de deux escalopes de poulet, lance sans tarder Robert Sempach. Ensuite, nous voyons divers yogourts, dont plusieurs à l’arôme chocolat, ce qui m’incite à penser qu’il s’agit d’une famille avec deux enfants.»

L’analyse du psychologue exige ici quelques précisions, vu qu’il pourrait très bien s’agir d’une collocation, les étudiants aimant aussi les yogourts au chocolat. «C’est exact, pourtant, je m’en tiens à la famille avec deux enfants.»

D’autres indices plaident en faveur de la famille selon Robert Sempach: «Dans ce ménage, on semble privilégier une alimentation saine.» Le juste équilibre entre, d’un côté, les fruits et légumes tels que kiwis, myrtilles ou brocolis et, d’autre part, les autres produits alimentaires permet en effet d’avancer cette hypothèse.

Par ailleurs, on trouve différents produits Bio. «Mais dans une mesure normale. Pas trace d’exagérations ou même d’une orthorexie», déclare Robert Sempach. L’orthorexie? «Il s’agit d’un trouble du comportement alimentaire qui conduit une personne à faire une fixation sur une alimentation saine», explique notre fin limier, avant de poursuivre: «Cette famille est attentive à la qualité de ses menus, mais elle n’en fait pas une religion. Cette famille aime tout simplement bien manger.»

Par ailleurs, relève Robert Sempach, une personne seule cuisine pour tout le groupe: «Ce qui m’incite à le penser, c’est par exemple le trio escalope de poulet-riz-brocolis qui constitue un repas complet. Quant à la présence de Nutella et de maïs doux, elle me laisse penser qu’il y a des enfants, dont j’estime l’âge entre 8 et 9 ans.»

Il est maintenant temps de lever le voile: il s’agit effectivement d’une famille. Celle-ci est formée par René Baron, 48 ans, informaticien indépendant et homme au foyer, et Astrid, 43 ans, juriste, ainsi que leurs deux enfants, Lisa, 12 ans, et Noah, 9 ans.

«Nous sommes attentifs à une alimentation saine et variée», relève René Baron qui s’occupe des courses et avoue aimer cuisiner. «Nous faisons aussi en sorte, dans la mesure du possible, de manger deux fois par jour tous ensemble, complète son épouse. Ce qui compte également, c’est que les enfants aient plaisir à manger.»

«Les stars de notre publicité, ce sont les gens»

Oskar Sager, chef du marketing Migros.
Oskar Sager, chef du marketing Migros.

Souvent vu, à peine lu: le ticket de caisse est au cœur de la nouvelle campagne publicitaire de Migros. Oskar Sager, chef du marketing, nous dit pourquoi.

Pendant trois ans, la poule Chocolate a couru par monts et par vaux en se dandinant et en caquetant pour la marque Migros. Aujourd’hui, le distributeur s’est choisi une nouvelle vedette publicitaire, à savoir le ticket de caisse, un papier volant certes banal mais qui peut raconter des histoires en y regardant de plus près. Dans l’entretien qu’il a accordé à Migros Magazine, le chef du marketing Migros Oskar Sager s’exprime sur le sens et le but des campagnes publicitaires et les raisons qui poussent le distributeur à viser l’excellence dans ce domaine également.

Vidéo: le film publicitaire Migros Adonis (source: Migros - Youtube)

Pourquoi Migros a-t-elle besoin d’une nouvelle campagne publicitaire?

Notre volonté est de créer constamment une nouvelle et excellente publicité. A cela s’ajoute le fait que nous faisons désormais de nos campagnes un ensemble cohérent, afin d’en maximiser les effets sur le marché. Nous voulons surtout investir des moyens dans l’amélioration des performances de notre assortiment et non dans de coûteuses campagnes publicitaires.

Migros fait-elle des économies dans la publicité?

La phase de grandes économies est derrière nous. Nous nous concentrons désormais avant tout sur l’amélioration de l’efficacité des publicités et l’optimisation des différents médias.

Mais que peut faire une bonne campagne publicitaire?

Elle interpelle, marque les esprits, distrait et met dans le mille. Elle invite les gens à entrer dans nos magasins, et crée un engouement pour Migros et ses valeurs. Si l’on considère les quelque 6000 messages publicitaires auxquels une personne est exposée quotidiennement, cela constitue un sacré défi.

La nouvelle campagne globale parvient-elle à le relever?

Nous recevons de bons commentaires, et les films publicitaires font de toute évidence sourire les gens. Le succès d’une campagne peut très bien se mesurer, mais c’est encore trop tôt pour le faire pour celle-ci. Nous pouvons toutefois déjà dire que le spot Adonis montrant une caissière tombant sous le charme d’un bel homme a déjà été vu plus de 42 000 fois sur internet, ce qui est un nouveau record en si peu de temps.

La nouvelle vedette de la publicité Migros est le ticket de caisse. Pourquoi?

Le ticket de caisse est au centre, mais ce sont les gens qui créent les récits. Ce sont eux les stars de notre publicité. Chaque ticket de caisse est unique et raconte l’histoire des produits choisis et des gens qui les achètent. Parallèlement, il garantit la transparence des achats et prouve que l’on a peu dépensé à Migros.

Auteur: Daniel Sidler, Christoph Petermann

Photographe: Ueli Christoffel, Nik Hunger