Archives
18 juillet 2014

MOOC: l'uni à portée de clic

Les MOOC, ces cours dispensés en ligne par des universités du monde entier, font de plus en plus d’adeptes. Mais de quoi s’agit-il exactement?

Plus de cinq millions d’internautes se sont inscrits à un cours virtuel ces trois dernières années. (photo Istockphoto)
Plus de cinq millions d’internautes se sont inscrits à un cours virtuel ces trois dernières années. (photo Istockphoto)

Malgré leur nom un peu barbare, les MOOC font fureur sur la Toile. Si le mouvement est né au début des années 2000 dans le milieu académique américain, il aura fallu attendre 2011 pour que les Massive Open Online Courses (ou CLOM en français, pour Cours en ligne ouverts et massifs, un terme peu utilisé) prennent leur envol. Ces trois dernières années, plus de cinq millions de personnes se sont déjà inscrites à l’un de ces enseignements sur internet.

Il faut dire qu’il y en a pour tous les goûts! De l’intelligence artificielle à l’histoire du monde depuis 1300, en passant par les changements climatiques et le droit américain, chacun trouve son compte dans ces cours proposés par des établissements universitaires du monde entier.

D’une durée de quatre à quinze semaines, les MOOC prennent la forme de vidéos d’une dizaine de minutes chacune environ (environ une à deux heures hebdomadaires). L’auto-évaluation se fait généralement sous la forme de quiz. Si le cours est gratuit, la certification, facultative, est payante.

Peut-on s’attendre à un enseignement de qualité? Selon Guillaume Miquelard-Garnier, maître de conférences au Conservatoire national des arts et métiers en France, le MOOC est avant tout adapté à un cadre de formation continue et ne remplace pas un diplôme classique. Les gens s’y inscrivent davantage par intérêt personnel et par curiosité, ou pour obtenir des compétences spécifiques à leur domaine.

En Suisse romande, les universités de Genève et de Lausanne ainsi que l’EPFL ont sauté le pas. Pour Patrick Aebischer, directeur de l’EPFL, il s’agit également de jouer un rôle dans l’accès à l’éducation des pays en développement.

© Migros Magazine – Tania Araman

MOOC, j'ai testé pour vous

Par Tania Araman, journaliste

Il y a un mois, à ma grande fierté, j’ai pu ajouter une nouvelle ligne au chapitre Formation de mon CV (ça faisait longtemps que ça n’était plus arrivé!). «Juin 2014: attestation de réussite au MOOC Informer et communiquer sur les réseaux sociaux.» Dans le confort de mon salon, il m’aura fallu cinq semaines pour la décrocher.

Semaine 1: j’attends avec impatience que la première vidéo soit accessible sur la plate-forme du cours. Même si je ne suis pas à mon MOOC d’essai (j’en ai déjà suivi deux, l’un sur l’art de la photographie, l’autre, un peu par hasard je dois dire, sur les origines de la criminalité, examinées à la lumière de l’évolution…), il s’agit ici de mon premier cours en ligne en lien direct avec ma profession. Il est proposé par le site d’information français Rue89, et s’adresse avant tout aux journalistes et aux chargés de communication. Les attentes sont grandes… et je ne suis pas déçue. Au terme des cinq premières vidéos – aux thèmes bien définis et bien développés – je suis convaincue par la qualité de l’enseignement et je réponds sans trop de peine aux questions du quiz hebdomadaire.

La vidéo d'introduction au MOOC

Semaine 2: aujourd’hui a lieu la première session vidéo live du cours. La formatrice Sophie Caillat répond en direct aux questions des internautes (merci la technologie moderne!). Je décide de ne pas en poser, mais la plupart de mes cyber-camarades ont les mêmes interrogations que moi… Le reste de la semaine se poursuit sans heurts, avec toujours les cinq vidéos, le quiz hebdomadaire, et les échanges occasionnels sur le forum du cours.

Semaine 3: c’est devenu la routine. Le soir en rentrant du boulot, je regarde une ou deux vidéos en fonction de mon emploi du temps. Pour l’instant, cette formation n’est pas trop chronophage…

Semaine 4: on arrive bientôt au terme de la première partie, gratuite, du MOOC. La semaine prochaine débutera, pour ceux qui le souhaitent et acceptent de débourser la somme de 50 euros, l’étude de cas, où l’on pourra mettre en pratique toutes les informations théoriques du cours. Seuls les participants ayant réussi cette épreuve recevront un certificat. Je décide de m’inscrire.

Semaine 5: les cours sont finis, le dernier quiz bouclé, il s’agit maintenant de passer à l’action… et de faire marcher ses neurones. La consigne: coiffer la casquette de community manager et développer une stratégie de communication sur les réseaux sociaux. Pour joindre l’utile à l’agréable, je crée une page Facebook dédiée à ma passion, la photo, et je commence à diffuser des informations, en prenant soin d’utiliser les outils qui nous ont été présentés pendant le cours. Comme il s’agit également de rendre un document décrivant notre stratégie, les heures de travail s’enchaînent rapidement! Mais je termine mon travail dans les temps et le dépose sur la plate-forme du cours. L’expérience touche à sa fin…

Enfin, pas tout à fait ! Car l’usage des MOOC veut que les travaux rendus soient corrigés par les pairs. Je reçois donc sur la plate-forme du cours trois études de mes cyber-camarades, que je devrai évaluer selon des critères fournis par les examinateurs (qui auront bien sûr un droit de regard sur la notation). Encore une ou deux heures de travail devant moi donc, mais aussi, et surtout, l’occasion donc de s’enrichir d’autres stratégies de communication!

Cette fois-ci, c’est bel et bien la fin. Mon étude de cas a été généreusement évaluée par trois de mes pairs, et un beau jour de juin, je reçois par la poste mon tout nouveau certificat!

Auteur: Tania Araman