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10 juin 2013

Natalia Hickmann, créatrice de faire-part pour animaux

Natalia Hickmann vient de lancer une collection de cartes destinées aux propriétaires d’animaux. Des vœux de bon rétablissement à l’annonce d’une nouvelle portée, en passant par la carte de deuil ou d’anniversaire, les chats et chiens ont (presque) la parole…

En entrant dans l’appartement, on affronte deux paires d’yeux: l’une noisette, l’autre émeraude. Le regard vert, c’est celui de Lolito, magnifique matou roux au poil long. Les yeux noisette, eux, appartiennent à Natalia Hickmann, ancienne rédactrice en chef de Cote Magazine Genève et autodidacte débordante d’idées.

Sa dernière création? Un nouveau concept, lancé il y a quatre mois, qui réunit toute une collection de faire-part pour animaux destinés à «annoncer les événements marquants de leur vie».

L'une des seize cartes de la collection.
L'une des seize cartes de la collection.

De la carte de naissance pour annoncer une portée aux vœux de bon rétablissement, en passant par les messages de décès, d’adoption et d’anniversaire, la collection compte seize cartes. Pour l’instant. Car la rieuse jeune femme planche actuellement sur des modèles destinés aux propriétaires de lapins, furets, «et aussi de chevaux, mais avec des messages un peu différents, destinés par exemple aux gens qui font des courses».

Un chat particulier dans le berceau

L’animal cher à son cœur reste cependant le chat. Sans doute grâce à son enfance: «Lorsque j’étais bébé, nous habitions Barcelone. Ma maman était seule à l’époque et travaillait la nuit. Parmi la dizaine de chats que nous avions, une des femelles, Gina, m’a protégée en dormant dans mon berceau et en ne laissant personne s’approcher. Je pense qu’elle m’a apporté un sentiment de sécurité et un équilibre que je n’aurais pas eus si j’avais été toute seule la nuit.»

Sa très grande sensibilité aux bêtes la pousse d’ailleurs à travailler bénévolement à la «Maison des chats», un refuge pour félins situé à La Croix-sur-Lutry. Et son plus grand rêve est de créer un endroit où elle pourrait accueillir tous les animaux maltraités dans les laboratoires, cirques, zoos, etc.

«Savoir qu’il existe tant d’animaux malheureux et dont personne ne veut plus me fait énormément souffrir. Et dire que tout cosmétique est d’abord utilisé sur des animaux, c’est atroce! Pour ma part, j’hydrate ma peau avec de l’huile d’amande douce et n’utilise plus de crèmes depuis plus de dix ans. Celles-ci ne peuvent pas faire de bien à un humain si des animaux ont souffert le martyre pour les tester avant.»

Mais que ce soit clair: malgré son amour des bêtes, la jeune femme n’a pas créé ses faire-part par angélisme.

Je me promenais dans un rayon papeterie, et j’ai réalisé qu’il n’y avait aucune carte destinée aux propriétaires d’animaux. Je me suis dit qu’il y avait un créneau pour ce produit, et voilà!

Et de souligner que les cartes sont également utiles à ceux qui désirent placer de nouvelles portées, par exemple.

Par manque d’argent autant que par besoin d’indépendance, elle a tout créé elle-même, des motifs de départ aux présentoirs en bois des magasins. Même la pub et la recherche de points de vente, c’est elle qui s’en occupe. «J’avais engagé une agence de presse, mais cela n’a pas fonctionné. J’ai décidé que j’allais faire tout ce que je pouvais gérer moi-même et qui dépendait uniquement de moi. Même si l’on fait des erreurs, il faut toujours oser se lancer.»

Si la collection remporte beaucoup de succès – surtout les cartes d’adoption, naissance et anniversaire –, elle ne lui permet pas encore d’en vivre. La jeune femme, basée à La Sarraz (VD), travaille donc comme graphiste et web conceptrice au Groupe MK à 60%, et à 40% pour Mannhick, sa propre société de graphisme, tout en donnant libre cours à son imagination le reste du temps.

Des jupes en nappes de cuisine

Ainsi, elle nous fait découvrir ses tests de «jupes en nappes de cuisine»: de jolis modèles plissés aux couleurs vives, entièrement créés en toile cirée. «Je suis comme ça, il faut toujours que j’imagine autre chose: quand je vois un rideau, cela me fait penser à un manteau, et quand je vois un manteau, je me demande si on ne pourrait pas en faire un meuble.»

Elle jongle aussi avec l’idée de proposer, un jour, un programme de télévision: «Chaque émission serait consacrée à un métier différent. On y réunirait dix personnes au chômage, chargées de réaliser sur le plateau des exercices théoriques et pratiques tournant autour du métier concerné. Le portrait des participants serait diffusé en parallèle.

A la fin de chaque émission, le but serait que les participants soient contactés par des sociétés qui auraient vu le programme, et se fassent proposer un stage, un entretien ou un contrat.»

Autre projet encore, «un site internet où les gens pourraient acheter les meubles et les accessoires utilisés lors des tournages de films».

Un jour viendra où elle mettra peut-être ces idées – voire beaucoup d’autres – en place. Mais sans jamais sacrifier le temps précieux passé avec Eric, son compagnon, et Lolito, à qui elle parle indifféremment en français ou en espagnol «mais en allemand quand je l’engueule!» Et en prenant garde à toujours préserver son indépendance. Comme les chats.

Auteur: Véronique Kipfer

Photographe: Mathieu Rod