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21 mai 2012

Ne les priez plus, les Saints de glace n’y sont pour rien !

Ouf. Ils sont enfin partis. Comme chaque année, Mamert, Pancrace, Servais, mais aussi Médard, Yves et Bernardin sont venus jeter la pagaille dans notre météo.

Dessin d'une femme faisant la pluie
Des Saints qui restent de glace devant vos implorations...

Systématiquement du 11 au 20 mai (parfois même jusqu’au 25 avec Urbain), ces malandrins commettent leur travail de sape au jardin au plus fort d’un printemps qui commençait à prendre des airs d’été. Et on les appelle des saints. Certes de glace. Car ils la ramènent: «Saint Pancrace apporte souvent la glace», «Saint-Servais, Saint-Pancrace et Saint-Mamert font à trois un petit hiver.» «Craignez le petit Yvonnet, c’est le pire de tous quand il s’y met.» ou «S’il gèle à la Saint-Bernardin, adieu le vin. » Les paysans les invoquaient pourtant – et continuent pour certains – à les prier d’éviter que leurs cultures ne pâtissent des gelées de cette période.

Autant décevoir tout de suite les agri­culteurs et autres jardiniers devant l’Eternel: cette période froide, cyclique, n’a rien à voir avec une quelconque punition divine.

De nombreuses voix scientifiques s’accordent à dire qu’il y a là-dessous (là-haut?) un phénomène astronomique. S’il fait si froid ces jours de mai, c’est que la terre ne tourne plus rond. Plus précisément que l’orbite de notre chère planète traverse alors un disque de poussières particulièrement dense, qui atténue la chaleur du soleil. D’où la tendance du mercure à flirter avec le zéro.

Six mois plus tard, rebelote, mais avec un effet inverse: ainsi revient un petit coup d’été le 11 novembre, l’été de la Saint-Martin. D’autres connaisseurs du ciel (météorologique celui-là) expliquent ces fantaisies célestes par des passages de fronts froids tout à fait normaux à cette période de l’année sous nos latitudes.

Que vous vous vouiez aux saints du calendrier ou à ceux de la science, ne craignez plus rien: aujourd’hui 21 mai, le dernier malin est passé. Vous pouvez désencapuchonner les tomates au jardin ou y planter le fragile basilic. Mais vous voilà prévenus: ne planifiez plus désormais ni mariage en bustier ni barbecue sur terrasse du 11 au 20 mai.

Auteur: Isabelle Kottelat

Photographe: Konrad Beck