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9 juin 2014

Non à la viande de cheval canadienne

Migros a décidé de mettre un terme à sa collaboration avec l'exploitation canadienne qui lui fournissait de la viande de cheval. La société n’a en effet pas atteint les objectifs fixés par Migros en matière de protection des animaux.

chevaux canadiens
La ferme canadienne Bouvry Farm ne livrera plus Migros (photo: DR).

Migros défend un élevage respectueux des bêtes, en Suisse mais aussi à l’étranger. Dans le cadre de Génération M, l’enseigne s’est engagée à tenir une promesse ambitieuse: elle entend en effet soumettre d’ici à 2020 tous ses produits importés aux normes suisses très strictes en matière de bien-être animal.

Cette initiative commence déjà à porter ses fruits: depuis novembre dernier, Migros est le premier détaillant suisse à proposer de la viande de dinde hongroise conforme aux standards d’élevage helvétiques. En collaboration avec la Protection suisse des animaux (PSA), trente poulaillers ont ainsi été construits ou rénovés dans une exploitation de ce pays afin de satisfaire aux conditions requises dans ce domaine. Et concernant la viande de lapin, Migros a établi dès 2012 des règles plus contraignantes pour ses fournisseurs hongrois, un engagement international qui lui a valu de recevoir récemment le Swiss Ethics Award.

Une exploitation de chevaux épinglée dans l’Alberta

Au Canada également, Migros ne ménage pas ses efforts pour améliorer le sort des animaux. L’an dernier, elle a imposé des normes strictes en matière d’élevage, de transport et d’abattage à son fournisseur local de viande de cheval, Bouvry Farm, une grande exploitation installée au pied des Montagnes-Rocheuses, dans la province de l’Alberta.

Une série d’améliorations étaient ainsi prévues en faveur des animaux abattus pour le compte de l’enseigne.

Les bêtes devaient être achetées et prises en charge directement sur leur lieu de naissance, pour leur épargner un passage par les marchés et les enchères. La durée du transport ne devait pas excéder dix heures, une limite très stricte étant donné les distances en Amérique du Nord.

A la demande de Migros, Bouvry Farm devait également aménager une zone offrant plus d’espace à chaque animal ainsi que des toits protégeant les bêtes du vent et de la pluie. Il était également prévu que les sabots des chevaux soient entretenus et nettoyés régulièrement.

A l’occasion d’un contrôle diligenté par une organisation indépendante, il s’est toutefois avéré que ces mesures n’étaient pas appliquées comme prévu par l’exploitation canadienne. Certes, Bouvry Farm a pu présenter quelques améliorations, comme la construction d’un abattoir ultra-moderne, conçu en fonction des connaissances actuelles en psychologie animale. Des directives comme l’entretien régulier des sabots et la traçabilité des bêtes depuis leur lieu de naissance sont par contre restées lettre morte. Quant au producteur, il a montré peu d’intérêt à mettre en œuvre ces mesures.

Migros a donc tiré les conséquences qu’il fallait: elle ne commandera plus de viande de cheval à ce fournisseur. Du fait des engagements en cours, cette mesure ne sera effective que dans quelques semaines. Par la suite, Migros ne proposera plus que de la viande de cheval suisse en petite quantité. En parallèle, le distributeur cherche à l’étranger de nouveaux producteurs acceptant de travailler dans le respect des dispositions helvétiques en matière de protection des animaux.

L’enseigne subira donc une baisse de son chiffre d’affaires lié à la viande de cheval, du moins provisoirement. Mais pour elle, le bien-être des animaux est prioritaire.

© Migros Magazine – Michael West

Auteur: Michael West