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26 mars 2012

«Nous voulons encore davantage soutenir la société»

Plusieurs filiales du groupe Migros vont à l’avenir verser dix millions de francs par an à des projets d’utilité publique. Le point avec Claude Hauser, président du Conseil d’administration Migros.

Un parc public au printemps, des gens assis sur l'herbe
Migros étoffe son aide dans les domaines du développement durable, de la culture et du sport, notamment. (Photo: Keystone)

Voilà cinquante-cinq ans, Gottlieb Duttweiler, fondateur de Migros, inscrivait dans les statuts de son entreprise le Pour-cent culturel. Aujourd’hui, plusieurs autres entreprises du groupe Migros ont décidé de suivre ce bel exemple de générosité.

Claude Hauser, président du Conseil d’administration de la Fédération des coopératives Migros (FCM), nous explique en quoi la société tout entière va profiter de ce programme de soutien.

Claude Hauser, président du Conseil d’administration Migros. (Photo: Nik Hunger)
Claude Hauser, président du Conseil d’administration Migros. (Photo: Nik Hunger)

En quoi consiste ce nouvel engagement de Migros?

A l’avenir, les sociétés affiliées à Migros actives dans le secteur du commerce, des prestations financières et des voyages débloqueront environ dix millions de francs par année pour financer des projets d’utilité publique. Par ce geste, nous voulons soutenir des activités dans le domaine de la culture, du développement durable, du sport ou encore de l’aide économique.

Notre but n’est pas commercial mais altruiste.

D’où viennent ces dix millions de francs?

Denner, Ex Libris, Interio, Globus, Migrol, Office World, Iba, la Banque Migros et le groupe Hotelplan sont impliqués. Toutes ces entreprises appartiennent à la Fédération des coopératives Migros (FCM) et investiront à l’avenir un montant correspondant à 10% des dividendes qu’elles versent à la FCM dans des projets communs. Le montant précis de leurs contributions dépendra évidemment de la marche des affaires. Pour 2012, il s’agit de dix millions de francs.

Migros s’engage déjà pour autrui via le Pour-cent culturel Migros. Pourquoi cette contribution supplémentaire?

Il est vrai que le Pour-cent culturel Migros nous sert de modèle. Chaque année, la FCM et les coopératives régionales investissent, via cette institution, 115 millions de francs dans la culture, le social et la formation. Toute la société en profite, ce qui suscite un grand sentiment de sympathie vis-à-vis de Migros. Les entreprises affiliées au distributeur entendent aujourd’hui elles aussi renforcer leurs liens avec la société. En cela, elles agissent en parfaite conformité avec les idéaux de notre fondateur Gottlieb Duttweiler.

En quoi ce nouvel engagement se différencie-t-il du Pour-cent culturel Migros?

A la différence du Pour-cent culturel Migros, ce nouvel engagement ne servira pas à financer des activités que nous avons nous-mêmes organisées. Il contribuera en revanche à soutenir des projets uniques, d’une durée limitée, facilitant l’éclosion de nouvelles idées et de nouvelles réalisations. Il s’inscrit donc en complément du Pour-cent culturel Migros.

Ne s’agit-il pas là tout simplement d’une forme de sponsoring?

Non, car le sponsoring vise un but commercial. Raison pour laquelle les sponsors investissent beaucoup dans la communication afin d’accroître la visibilité et les effets de leur engagement. Notre nouveau projet, par contre, souhaite avant tout soutenir autrui. L’essentiel de nos contributions financières ira directement aux projets que nous encourageons et non aux opérations de communication qui les entourent. Nous désirons apporter une plus-value à des réalisations qui profitent à la société. Bien sûr, à l’instar du Pour-cent culturel Migros, nous espérons que cet engagement dans des projets d’utilité publique aura des retombées positives sur les entreprises Migros participantes.

Qui pourra concrètement profiter des sommes d’argent mises à disposition?

Nous sommes précisément en train d’élaborer un concept détaillé avec des critères d’attribution clairs. Nous allons nous en occuper pas à pas et souhaitons régler de manière précise la répartition des fonds. Pour commencer, nous allons privilégier les domaines de la culture et du développement durable. Puis, ultérieurement, les domaines du sport et de l’aide économique devraient également entrer en ligne de compte. Il faut aussi noter que le projet n’en est encore qu’à ses débuts. Et qu’il est donc prématuré de vouloir d’ores et déjà déposer une demande de soutien.

Qui décidera de soutenir tel projet plutôt qu’un autre?

Un comité a été mis en place à cette fin. Il se compose de cinq membres. A mes côtés siégeront Herbert Bolliger, président de la Direction générale de la FCM, Gisèle Girgis, cheffe du Département ressources humaines, affaires culturelles et sociales, loisirs de la FCM, Fabrice Zumbrunnen, directeur de la société coopérative Migros Neuchâtel-Fribourg, ainsi qu’Hedy Graber, directrice des Affaires culturelles et sociales de la FCM.

Entretien: Andreas Dürrenberger