Archives
10 septembre 2012

Number one ou rien

Autodidacte à la rage «positive», le Lausannois Sébastian Strappazzon distille sa mode street wear aux quatre coins de l’Europe.

le Lausannois Sébastian Strappazzon
En 1998, Sébastian Strappazzon lançait sa marque avec 250 francs en poche.

Sa ressemblance avec Stress fait que lorsqu’il se balade à Zurich, on le confond souvent avec le rappeur lausannois. Rien de grave, puisqu’il dit lui-même admirer le parcours du porte-drapeau du hip-hop helvétique. D’ailleurs, Stress s’affichait en t-shirt Alias One à ses débuts. Depuis peu, c’est Orelsan, le rappeur français aux premiers pas sulfureux et désormais auréolé de deux Victoires de la musique, qui se fait ambassadeur du label street wear de Sébastian Strappazzon.

Autrefois vendues à ses potes rappeurs et du milieu du BMX, les créations du Lausannois sont désormais présentes dans quarante points de vente répartis entre la Suisse et l’Europe, et, bien sûr, dans son street store baptisé Délicieux, qui a pignon sur rue dans la capitale vaudoise. C’est dire le chemin parcouru depuis 1998, l’année où cet autodidacte lançait sa marque avec 250 francs en poche.

La rage de réussir. Positive, il précise. Celle de prouver que même lorsque les portes se ferment, on peut toujours les enfoncer. Sébastian Strappazzon est de ceux-là. Un début de vie difficile, comme il dit pudiquement attablé dans le jardin sur lequel donne son atelier, l’éloigne de la route de la réussite scolaire. «Je voulais devenir graphiste, mais je n’ai pas eu accès à cette formation, car je n’avais pas le bac. Ma conseillère en (dés)orientation m’a dit: puisque tu aimes les couleurs, fais un CFC de plâtrier-peintre.» L’ado obtempère sans pour autant laisser tomber son rêve. Il se met à dessiner et imprimer ses premiers t-shirts, façon do-it yourself.

Sébastian a depuis laissé tomber les impressions au copy shop du coin et travaille désormais en pro. Chemises, pulls, sacs sont venus étoffer les collections et les coupes se sont affinées. Sa famille artistique compte des pointures mondialement renommées, tel le graphiste et tatoueur lausannois Maxime Büchi. L’avenir s’annonce prometteur.


Mon inspiration

«J’aime la nature et les balades en montagne, cela m’inspire dans mon travail, comme cette batte de base-ball piquée d’épines de roses.» (voir «Un t-shirt Alias One»)


Un sac né d’une collaboration entre Alias One et Maxime Büchi.
Un sac né d’une collaboration entre Alias One et Maxime Büchi.

Mon sac à dos

«Ce sac est né d’une collaboration entre Alias One et Maxime Büchi suite à la sortie du premier numéro de la revue d’art et de tatouage «Sang Bleu». J’ai repris le sac de gym de mon enfance et l’ai recouvert de cuir de buffle pour lui donner une belle matière.»


L'appareil lui servant à immortaliser les vêtements qui l'intéressent.
L'appareil lui servant à immortaliser les vêtements qui l'intéressent.

Mon appareil photo

«Je l’emporte souvent avec moi. Aujourd’hui, je travaille beaucoup sur la coupe et les matières, alors je photographie les vêtements qui m’intéressent.»


Alias One a réalisé la batte et le T-shirt.
Alias One a réalisé la batte et le T-shirt.

Un t-shirt Alias One

«C’est une pièce de la prochaine collection été. J’ai réalisé moi-même cette batte de base-ball piquée d’épines de roses avant de la prendre en photo. Avec la rose, la batte est aussi un objet récurrent dans mes créations, non pas pour la violence qu’elle peut représenter, mais pour le côté sportif qu’elle incarne, celui du dépassement de soi dans l’effort.»


Son ordinateur, espace de création.
Son ordinateur, espace de création.

Mon ordi portable

«Comme beaucoup de monde, je passe mes journées dessus. C’est mon bureau, mon espace de création.»


Le centimètre qui l'accompagne partout.
Le centimètre qui l'accompagne partout.

Mon centimètre

«Lui aussi m’accompagne partout. Je fais beaucoup de puces et de boutiques vintage. Dès que je vois une coupe, un col de chemise ou une taille de poche qui me plaît, je prends les mesures pour m’en inspirer.»


La rose, élément important dans l'identité d'Alias One.
La rose, élément important dans l'identité d'Alias One.

Une rose

«C’est un élément important dans l’identité d’Alias One, présent depuis le début. Pour moi, la rose est ambivalente: c’est l’amour, mais aussi la mort, la fleur que l’on retrouve au bord des routes où il y a eu un accident mortel.»


Sa palette ne le quitte pas durant 4 mois.
Sa palette ne le quitte pas durant 4 mois.

Ma palette Pantone

«Je l’ai sur moi en permanence quand je prépare une collection. Du coup, on passe quatre mois par an ensemble. Je me balade dans la nature avec elle et tente de retrouver la couleur d’un arbre ou le bleu d’un ciel.»

Auteur: Viviane Menétrey

Photographe: François Wavre