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4 août 2014

Olivier Levionnois, anesthésiste au Tierspital de Berne

Olivier Levionnois exerce un métier qui a du chien: il est anesthésiste et chef de clinique au Tierspital de Berne. L’établissement universitaire accueille les cas d’animaux blessés les plus sérieux et forme les vétérinaires de demain.

Olivier Levionnois, anesthésiste au Tierspital de Berne
Olivier Levionnois: «Toute carrière de vétérinaire découle d’une passion des animaux.»

«Toute carrière de vétérinaire découle d’une passion des animaux.» Olivier Levionnois, anesthésiste au Tierspital de Berne, n’échappe pas à la règle. Amoureux des chevaux, il choisit une formation universitaire au plus près des bêtes.

Ce seront d’abord cinq années d’études vétérinaires à Nantes puis une année de spécialisation sur les chevaux en internat à Montréal.

Il rejoint finalement le site bernois où il se spécialise en anesthésie chez les petits animaux. «A chaque fois, il s’agit de trouver la juste dose pour maintenir l’animal endormi et permettre le travail de mes collègues, explique le vétérinaire. Un travail d’équilibriste, puisque chaque corps réagit de manière différente…»

En 2008 il accède au grade de clinicien, un poste qui correspond à environ 45% de pratique et le reste d’enseignement et de recherche. Entouré d’un matériel de pointe, son travail ressemble par de nombreux aspects à celui pratiqué en médecine humaine. Seule différence: «Il est impossible de rassurer un animal uniquement par des mots!»

© Migros Magazine – Alexandre Willemin

Une journée bien remplie.
Une journée bien remplie.

8h: au programme
«J’écris sur ce grand tableau tous les cas que nous aurons à traiter pendant la journée. L’anesthésiste prend soin des animaux avant, pendant et après les interventions.»

Une salle pour endormir les animaux.
Fais dodo...

9h15: Marchand de sable
«C’est dans cette salle que nous endormons les animaux et les préparons pour les opérations. Comme pour ce chat qui souffre d’une maladie du foie. Nous l’avons endormi pour réaliser une échographie qui permettra de cibler précisément la zone où sera réalisée une biopsie.»

Durant une radiographie, l'animal doit rester immobile.
On ne bouge plus!

10h: Photogénique?
«Pour réaliser une radiographie il est nécessaire que l’animal reste complètement immobile. Une anesthésie complète a donc été pratiquée sur le dogue argentin «Yuma.»

Anesthésie: un équilibre à trouver.
Anesthésie: un équilibre à trouver.

10h45: sur le billard
«Le chirurgien pose une plaquette sur la hanche d’un chien. Je passe régulièrement en salle d’opération pour superviser le travail de la technicienne anesthésiste. Elle a pour tâche de garder l’animal immobile, tout en contrôlant en permanence ses fonctions vitales.»

Le réveil après l'opération.
Réveil sous surveillance.

11h: l'heure de se réveiller
«Yuma», qui était tout à l’heure en radiographie sous anesthésie complète, est sur le point de se réveiller. Une personne de l’équipe reste présente pour s’assurer notamment que la température corporelle de l’animal remonte jusqu’au niveau habituel.»

Une vache sur le billard.
Une vache sur le billard.

16h30: à une autre échelle…
«Bien que spécialiste des petits animaux, je suis également appelé parfois dans les bâtiments voisins qui accueillent chevaux et ruminants. Si les vaches ont un caractère calme, les chevaux eux sont bien plus nerveux et une petite intervention exige souvent une anesthésie complète.»

Après la pratique, la théorie.
Après la pratique, la théorie.

17h45: partage de savoir
«Le rôle premier de la clinique est de former de nouveaux vétérinaires. En plus des cours en amphithéâtre, c’est en accompagnant les étudiants en clinique que je transmets mon savoir. Chaque cas est riche d’enseignements!»

Les instruments de l'anesthésiste.

Boîte à outils
Le matériel de base comprend différentes tailles de tubes à insérer dans le larynx pour une anesthésie au gaz, une seringue pour réguler si besoin le rythme cardiaque et des larmes artificielles pour les yeux.»

Auteur: Alexandre Willemin

Photographe: Mathieu Spohn