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12 novembre 2012

On cultive bien les vers de terre

Les vertus des vers de terre ne sont que trop méconnues...

Ils vont bosser tout l’hiver, dans l’ombre. D’ailleurs, ils triment toujours loin de la lumière, sans aucune reconnaissance humaine. Pire, les enfants s’amusent à les découper pour voir s’ils repoussent. Les vers de terre, ces mal-aimés. Et pourtant, que ferait-on sans eux?

Ce sont eux qui labourent la terre, par en dessous, délicatement. Eux qui affinent les sols, les digèrent et les rendent cultivables. Véritables intestins de la terre comme le disait déjà Aristote, ils consomment chacun au minimum la moitié de leur poids par jour! En gros, sans eux, rien ne pousserait. Pire: la puanteur serait intenable! Parce que ce fouisseur transforme la matière organique qui se décompose. Elu animal de l’année 2011 par Pro Natura, le lombric commence enfin à se faire reconnaître. A tel point qu’on apprend qu’il existe des fermes d’élevage.

Mais les vers de terre de nos jardins ne s’élèvent que laborieusement. Déjà parce que chacun d’eux a besoin d’un espace d’un mètre cube de terre autour de lui! Ce sont les vers rouges dits de Californie qui se cultivent. Rien à voir avec l’Etat américain: «On les trouve partout chez nous, en ce moment tout particulièrement où les feuilles mortes s’accumulent», glisse Agnès Gerber, avec son mari deux des rares lombriculteurs suisses.

Avec eux, les vers de terre accèdent au rang d’animaux domestiques. On peut les installer dans son salon où ils font du bon boulot. Dans un composteur d’intérieur, ils digèrent tranquillement épluchures de légumes et feuilles de salades fatiguées. Sans bruit et sans odeur.

Et qu’on le dise à nos enfants: il ne sert à rien de couper un ver de terre en deux. Les deux bouts ne vont pas continuer à vivre. Un côté abrite la tête et cinq cœurs (!), l’autre la queue. D’ailleurs, ce n’est pas comme ça qu’ils se reproduisent. Et ils font ça très bien tout seuls, merci pour eux! Hermaphrodites, ces petits malins s’accouplent indifféremment avec un mâle ou une femelle.

Auteur: Isabelle Kottelat

Photographe: Konrad Beck