Archives
29 septembre 2016

«On ne passe pas pour le maillon faible»

Jennifer Chambinaud, aspirante de police.

Jennifer Chambinaud allie force et 
féminité.
Jennifer Chambinaud allie force et féminité.

Jennifer Chambinaud, 34 ans, et déjà une vie derrière elle. Débarquée de la banlieue parisienne à 23 ans, un bébé dans les bras, elle s’installe à Fribourg. Passe un diplôme de management et se lance dans le textile. Mais la jeune femme est trop dynamique pour ce quotidien prévisible.

Plus jeune, j’avais pensé à m’engager dans l’armée. J’ai besoin que ça bouge! Et puis, j’avais envie d’être utile pour les autres.»

Elle tente alors les tests d’entrée pour l’école de police de Colombier (NE). Et les réussit puisqu’elle est aujourd’hui aspirante, doyenne de sa volée. «Les filles, on est en minorité, mais c’est une bonne classe. On n’est pas mise à l’écart du groupe, on ne passe pas pour le maillon faible.»

La chevelure ondulée relevée en chignon, Jennifer Chambinaud est l’exemple même de la femme qui s’assume, une sorte de boule d’énergie qui fonce, parfaitement capable d’allier sensibilité et kick-boxing – «un sport qui donne confiance en soi». Une femme déterminée à aller jusqu’au bout, même si, elle le sait, cette année d’école «est une année de sacrifice. Mais on a envie de se surpasser. C’est une fierté.»

Un moment marquant? «C’était après une marche de 20 km. On a reçu notre arme et ce n’était pas évident pour moi qui n’en avais jamais tenu dans mes mains. A l’entraînement, j’avais peur du coup qui part, je ratais toutes mes cibles. Mais j’ai fini par y arriver.»

C’est avec le même mental d’acier qu’elle a vécu l’épreuve Enduro (264 km de vélo en trois jours), l’exercice Hibernatus (parcours du combattant des aspirants) et bientôt la course de Morat-Fribourg. «Ce n’est pas une option, c’est un mot qui n’existe pas ici», dit-elle en riant.

Les insultes, le regard méprisant des gens, ça ne lui fait pas peur, elle sait qu’elle peut encaisser ça. «J’ai 45 minutes pour rentrer chez moi. Ça aide à évacuer les tensions. Un sourire de ma fille, ça m’apporte beaucoup», dit encore celle qui a enfilé l’uniforme sans renoncer à sa féminité.

Je suis une policière, sportive, je sais me battre et je peux me débrouiller comme un homme. Mais je tiens à me maquiller et je ne me couperai pas les cheveux!»

Texte © Migros Magazine – Patricia Brambilla

Auteur: Patricia Brambilla

Photographe: François Schaer