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13 juillet 2015

Ordures dur

Souvent, lorsque je descends de chez moi le matin pour aller travailler, c’est le seul moment où je suis vaguement présentable: brushing, parfum, maquillage, vêtements encore pas trop chiffonnés. Rassurez-vous, cela ne dure pas.

Martina Chyba photo
Martina Chyba, journaliste et productrice à la RTS.

Surtout quand j’ai plein d’autres sacs que le sac à main. Le sac poubelle de 60 litres, celui du recyclage papier, celui des bouteilles en Pet et celui des bouteilles et pots en verre avec le reste d’huile qui coule, le vieux fond de confiture qui colle, etc. Bref je sors de l’immeuble chargée comme un mulet de tous les restes de notre vie qu’il faut paraît-il trier. J’ai tenté une fois le compost, mais après deux jours il y avait des vers et bon… faut pas déconner. La planète va peut-être mourir, mais je préfère déménager sur Mars que d’avoir ces machins dégoûtants chez moi.

Allez, on reprend à la sortie de l’immeuble. Si jamais le prince charmant passe à ce moment-là, évidemment, je ne suis pas exactement à mon avantage. Mais j’ai réfléchi, je pourrais dire que je suis Cendrillon et que je chausse un petit 37, on ne sait jamais, ça peut marcher. Mais il passe assez rarement et donc je répartis le contenu de mes sacs dans les containers, je me retrouve avec les mains gluantes et les cheveux collés par la transpiration, à la bourre, et je me demande si tout le monde se fait schmire comme moi avec ça.

Oui parce que dans les lieux publics ces derniers temps, la propreté des gens ne saute pas vraiment aux yeux. Disons-le franchement: les gens sont dégueu. Les parcs, les lieux publics, les préaux d’école sont tous victimes de ce que l’on appelle en anglais le littering, à savoir le fait de laisser ses déchets par terre. Alors qu’en Suisse on a quand même une poubelle tous les 5 mètres. Mais c’est trop loin manifestement. Ou trop fatigant. Oui, on a passé un bon moment à se détendre grâce à un barbecue ou un apéro, on ne va pas se ruiner la santé à ramasser les ordures, ou bien? Il n’y a qu’à tout laisser et pffft quelqu’un est bien payé (non mal) pour ramasser les bouteilles de vodka, les restes de bouffe et les mégots. Berk.

Mais il y a pire. Si si. Nos concitoyens, essentiellement de sexe mâle, se sont considérablement décomplexés par rapport à leurs besoins naturels. Style: j’ai bu trois bières, j’ai envie, j’urine. C’est contre le mur d’un garage? Contre une voiture? M’en fous. D’accord, n’importe quelle personne normale­ment constituée préfère faire Koh Lanta que pipi dans un WC public. Mais comment on fait nous les filles? On se retient. Ça s’appelle la dignité. Rendez-vous compte que l’on songe à mettre de la peinture hydrophobe anti-pipi sur les murs. Après, le mur repousse l’urine et en gros elle coule sur vous. Je vous juuure que ça existe. Et pendant ce temps, le reste de la planète pisse le sang.

Auteur: Martina Chyba