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1 octobre 2012

Où s’en vont nos oiseaux?

Hirondelles et coucous, grands voyageurs, partent au soleil, alors que merles et mésanges préfèrent l'hiver helvétique.

dessin d'oiseau portant un sac et des lunettes de soleil
Quand vient l’hiver, nombreuses sont les espèces d’oiseaux à 
migrer au Sud.

Voilà, c’est fini. Les merles ont arrêté de chanter, les coucous ne le font plus dans nos forêts et les hirondelles, qui font peut-être le printemps, amènent indiscutablement l’automne lorsqu’elles se regroupent en troupeaux au-dessus de nos toits. Comme maintenant. C’est que ces fines élégantes comptent parmi les plus grands voyageurs à plumes de nos contrées. Après avoir chanté tout l’été, elles s’en vont pour un long voyage jusqu’en Afrique subsaharienne. Avec une nette préférence pour le Nigéria. Leur résidence d’hiver est longtemps restée un mystère: les spécialistes viennent de le percer à jour en équipant les légers volatiles d’un GPS encore plus léger. Balèzes, les mignonnettes! Elles reviendront en mars.

Plus rond, plus gros et plus costaud: le coucou gris en bat des coups d’ailes à travers de nombreux pays pour passer l’hiver au très chaud. Et il part en juillet déjà, car sa route est longue. Aussi fort voire plus que l’hirondelle, il passe l’équateur et descend directement jusqu’en Afrique du Sud, sans que papa ni maman coucou n’aient pu lui expliquer comment ni où arriver puisque ces indignes parents ont la fâcheuse habitude de déposer tranquillement leurs œufs dans le nid d’autres espèces pour éviter de se coltiner eux-mêmes la corvée d’éducation.

Pourtant, si le merle a arrêté de chanter par chez nous, ce n’est pas forcément parce qu’il est parti. Une partie d’entre eux préfèrent bel et bien se la couler douce sous les climats du sud de l’Europe ou du Maghreb, mais la grande partie des merles suisses passe sagement l’hiver… en Helvétie. Et silencieusement.

Bon, ils ne restent pas seuls non plus: les moineaux leur tiennent compagnie. Encore que, certains plus jeunes et courageux d’entre eux tentent chaque année une traversée des Alpes. Et nos mésanges ne sont pas non plus très enthousiastes à l’idée d’un long voyage à tire-d’aile.

Préparez donc vos sacs à graines, il y en aura à nourrir sous la neige! En attendant, les insatiables curieux pourront toujours en apprendre davantage lors de la Journée des migrations ce week-end au Centre-nature de La Sauge à Cudrefin (VD).

Auteur: Isabelle Kottelat

Photographe: Konrad Beck