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30 novembre 2015

Parenthèse bienvenue en Engadine

Juste à côté de la prestigieuse station de ski de St-Moritz, Pro Juventute gère un hôtel d’un genre particulier, le Chesa Spuondas. Là, des familles dans le besoin peuvent venir passer des vacances à petits prix. Migros soutient cette offre via sa collecte de dons de Noël.

Chesa Spuondas
Loin du quotidien, Devon et Cornelia Schönenberger réapprennent à sourire.

Un léger crachin tombe sur les pentes nimbées de brouillard de Suvretta, à un jet de pierre de St-Moritz. On entend les aboiements d’un petit chien et les cris joyeux d’un enfant. Devon, 9 ans, batifole dans la neige fraîche, la première de l’année, avec sa mère Cornelia Schönenberger et Cheyenne, un pinscher croisé. Ses chaussures et son pantalon sont trempés depuis longtemps mais le garçonnet, tout à son enthousiasme, ne le remarque même pas: «La neige, c’est trop bien», hurle-t-il en lançant des boules de neige. «Coquin!», riposte gentiment sa mère. La petite famille originaire de Zurich est venue passer un week-end à l’Hôtel Chesa Spuondas (site en allemand), qui appartient à Pro Juventute.

Un séjour loin des soucis

Depuis plus d’un siècle, cette fondation vient en aide aux enfants, aux adolescents et aux parents défavorisés. Par le biais d’un fonds de vacances, elle permet à des familles modestes de s’offrir quelques jours au Chesa Spuondas. Cette offre compte parmi les projets d’entraide financés par la collecte de Noël Migros.

Pro Juventute a hérité du Chesa Spuondas il y a plus de cinquante ans: «Il nous a été légué à condition que nous le mettions à disposition d’enfants et de parents dans le besoin, désireux de prendre quelques jours de repos sans se ruiner», raconte Anita Gschwind, directrice du Chesa Spuondas.

Les Schönenberger font partie du public-cible. Avec l’aide du fonds de vacances, Cornelia et Devon ont pu passer deux semaines à l’hôtel, l’une en été, l’autre en automne. ils ont dû s’acquitter uniquement des frais de voyage et de dîner, le séjour en demi-pension étant pris en charge. «Nous en avons profité pour nous balader, pique-niquer et aller à la piscine quand il faisait mauvais temps», raconte Cornelia, visiblement enthousiaste.

Depuis près de neuf ans, cette mère célibataire est tributaire de l’aide sociale, car Devon souffre de problèmes de santé qui requièrent sa présence permanente: «Il a des problèmes digestifs depuis qu’il est tout petit», explique sa maman. Après chaque repas, elle doit aider son fils à effectuer une série d’exercices pour maîtriser ses difficultés. L’enfant ne peut rester seul ni à la garderie ni à table. Quant à Cornelia, elle ne trouve pas d’emploi offrant suffisamment de flexibilité pour pouvoir l’accompagner. Elle s’engage depuis des années dans l’aide au voisinage, une activité importante à ses yeux, mais qui ne lui rapporte pas d’argent.

Dix-sept chambres et 1600 hôtes

Pendant que sa mère parle, Devon s’amuse avec Cheyenne dans la magnifique bibliothèque de l’hôtel, où l’on aperçoit des échiquiers et des étagères abritant des livres volumineux. Par les fenêtres, on voit scintiller les eaux du Champfersee. «J’aime bien les échecs», confie Devon. Mais il préférerait sans doute ressortir pour aller jouer dans la neige.

Le Chesa Spuondas propose en tout dix-sept chambres, qui accueillent chaque année quelque 1600 enfants et adultes. «La part de familles qui peuvent y passer des vacances gratuitement ou à des tarifs modérés dépend des dons et des disponibilités», explique Anita Gschwind.

Cornelia Schönenberger apprécie la convivialité et la simplicité de l’établissement: «Ici, tout le monde se parle, se tutoie, joue ensemble et s’entraide en cas de besoin», confie-t-elle. Sa décision est prise: si les conditions le permettent, elle reviendra.

Auteur: Beat Matter

Photographe: Samuel Trümpy