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28 juillet 2014

Passion en sous-sols

Première femme à accéder à la présidence de la Société suisse de spéléologie, Gabi Genoux nous emmène dans la grotte de la cascade de Môtiers.

Gabi Genoux pose à l'extérieur d'une grotte, devant une cascade.

Il y a ce «terrible accent suisse alémanique» qui lui fait dire le matin où elle nous reçoit chez elle à Guin (FR) qu’elle est soulagée d’accueillir la presse écrite et non la radio ou la télé. Il y a surtout ce regard amusé qu’elle pose sur elle-même et sur la vie, cette spontanéité qui la rend immédiatement sympathique.

C’est sûr, Gabi Genoux est une battante, une femme qui sait ce qu’elle veut sans pour autant jouer des coudes pour l’obtenir. Alors, c’est tout naturellement, presque pour rendre service, que cette secrétaire de direction travaillant dans une étude d’avocats bernoise s’est proposée pour reprendre la présidence de la Société suisse de spéléologie en mai dernier. Nul doute que ses camarades de cordée ont été ravis de la nouvelle.

Première femme à accéder à cette fonction, cette Emmentaloise établie en Singine est intarissable sur sa passion des sous-sols. «Il y fait froid, c’est sale et souvent éprouvant, mais il s’en dégage une beauté naturelle extraordinaire.

A chaque fois, je découvre autre chose.»

Il faut dire qu’elle n’est pas seule. A ses côtés, Marc, son mari, natif du Pays-d’Enhaut où elle l’a rencontré, partage le même amour des abîmes. «C’est lui qui m’a initiée. J’étais venue travailler cinq mois dans la restauration à Rougemont après le lycée pour me faire des sous et parfaire mon français. Il m’a emmenée à la cascade de Jaun par moins 18 degrés. J’ai d’abord eu le coup de froid avant d’avoir le coup de foudre!»

Depuis, le couple écume en compagnie d’autres spéléologues les grottes de Suisse et d’ailleurs. Leur passion les a conduits à Cuba, en Islande, en Australie, en Slovénie... Sûr que d’autres recevront bientôt leur visite.

Une journée avec Gaby Genoux

Préparatifs dans le salon avec carte.
Il est impératif de bien se préparer avant de partir en expédition.

6 h 30: et la grotte du jour sera...
«La grotte de Môtiers, ou de Jean-Jacques Rousseau comme on l’appelle aussi, est idéale pour une initiation à la spéléologie. Elle est facile d’accès mais se corse par la suite, car elle se termine comme souvent par un siphon, Et là, il faut plonger...»

Le matériel posé sur le sol.
Il faut bien sûr aussi du bon matériel.

8 h 00: rien oublié?
«Pour cette expédition, le matériel de base comprend un casque avec lampe, des bottes en caoutchouc, des gants, une corde, une combinaison et une sous-combinaison. La température en sous-sol tournant autour des 5 à 8 degrés et l’humidité étant proche des 100%, mieux vaut être bien habillé et au sec.»

Chargement du matériel dans l'auto.
A la découverte de notre pays de manière insolite.

10 h 30: en route
«La spéléologie m’a permis de découvrir des coins de Suisse où je ne serais sans doute jamais allée. Ce n’est pas seulement un sport, mais également une science. On fait aussi de la topographie.»

trousse d'urgence
Un esprit d'équipe qui prévaut dans toutes les situations.

12 h 00: on se dit «tu»
«La règle, dans une grotte, c’est le tutoiement. L’esprit d’équipe est très fort chez les spéléologues. On sait que l’on peut compter les uns sur les autres. Parfois, on a envie d’abandonner mais l’énergie du groupe est la plus forte.»

Les spéléologues en train de manger dans la grotte
Bon appétit!

14 h 00: pique-nique dans le noir
«La spéléo, c’est aussi la convivialité. Il nous est même arrivé de prendre une bouteille de champagne pour fêter l’anniversaire d’un ami, de faire une fondue ou une raclette sous terre.»

Gabi et son mari en train de prendre l'apéro dans un bistrot.
Un petit apéro pour marquer le retour à la surface.

17 h 00: apéro à l’air libre
«Souvent, on boit un verre après une expédition, ou alors on mange ensemble. C’est l’occasion de revenir sur ce que l’on a pu observer et de découvrir les spécialités locales.»

Gabi Genoux devant son écran d'ordinateur.
Une société qui comporte 40 sections demande un engagement sérieux.

20 h 00: Chers membres
«La présidence comporte beaucoup de travail administratif. Le soir, je passe souvent du temps devant mon ordinateur. La société compte plus de 1000 membres et 40 sections. Cela fait du monde!»

© Texte: Migros Magazine / Viviane Menétrey

Auteur: Viviane Menétrey