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31 mars 2014

Pauline Brunner, une fine lame

La Chaux-de-Fonnière a été sacrée championne d’Europe juniors à l’épée en mars dernier à Jérusalem. Cette escrimeuse de choc s’apprête maintenant à ferrailler dur pour briller aux Mondiaux qui débuteront le 3 avril 2014 à Plovdiv en Bulgarie.

Pauline Bruner pose dans sa monture, dans la salle d'entraînement
Pauline Brunner travaille avec l'entraîneur national Angelo Mazzoni.

Pauline Brunner «a les yeux revolver, le regard qui tue». A l’instar de la femme qu’évoque Marc Lavoine dans sa chanson, on sent cette épéiste de 19 ans très déterminée à pourfendre les adversaires qu’elle croisera sur son chemin. Comme lors des derniers Championnats d’Europe juniors, où elle s’est parée d’or.

Le cœur de cette Chaux-de-Fonnière bat au rythme du cliquetis des armes blanches depuis qu’elle a 6 ans et demi:

Je crois que ce sont la tenue et l’épée qui m’ont attirée en premier.»

Cette passion dévorante pour l’escrime ne l’a dès lors plus quittée… L’étudiante a même pris une année sabbatique pour se consacrer davantage à son sport. Ce qui lui a permis, entre autres, de tirer à la fois en juniors et en seniors, une catégorie qu’elle rejoindra définitivement la saison prochaine.

Au fil du temps et de sa lame, cette bretteuse a accumulé expérience et victoires. La voilà donc fin prête à en découdre avec ses rivales en Bulgarie, dans le cadre des Mondiaux juniors (lien en anglais et en bulgare).

Je vise une place dans le tableau des huit, voire plus…»

Pauline Brunner, c’est sûr, se battra jusqu’à la dernière touche!

Une journée avec Pauline Brunner

10 h 00: Exercices
«L’entraînement physique est nécessaire, même si ce n’est évidemment pas ma tasse de thé. Je fais un peu de musculation, de cardio, et je travaille les fondamentaux.»

11 h 30: études
«Pendant cette année sabbatique, je fais de l’anglais et des maths. Je me suis inscrite à l’EPFL, en chimie. Ce n’est pas la matière dans laquelle je brille le plus, mais c’est nettement celle que je préfère.»

15 h 00: déplacements
«Quatre jours par semaine, je vais m’entraîner à l’extérieur, principalement à Berne. Parfois aussi à Bienne ou à Bâle. Dans le train, je grignote, je lis, je révise ou je dors.»

16 h 30: Entraînements
«On se retrouve entre amis et, durant trois heures, on tire, on fait des matches, on enchaîne les assauts. Et c’est l’occasion aussi d’affiner ma technique avec l’entraîneur national Angelo Mazzoni.»

Pauline Brunner en tenue de combat dans la salle d'entraînement.
Pauline Brunner prête à entrer en piste.

23 h 00: Liaison
«Avec mon copain, qui fait de l’escrime comme moi, on communique avec Skype entre quinze minutes et deux heures chaque soir. C’est notre rendez- vous amoureux quotidien, vu qu’il habite et s’entraîne à Paris.»

Pauline Brunner devant son ordinateur portable.
Grâce à Skype, la distance entre Pauline et son copain se fait plus courte...
La chatte «Frany»
La chatte «Frany»

Ronronnements
«Notre chatte «Frany» fait partie de la famille. C’est un félin de race, un Sibérien. On l’a choisi parce que ma mère est allergique… Sinon, on aurait pris un vulgaire chat de gouttière.»

La médaille d'or remportée par Pauline Brunner dnas son écrin.
La médaille d'or remportée par Pauline Brunner.

Médaille
«Franchement, je ne m’attendais pas à décrocher l’or à ces Championnats d’Europe juniors. Je visais le podium, pas la première place. Mon rêve? Ce serait de remporter la même médaille, mais en senior!»

© Migros Magazine – Alain Portner

Auteur: Alain Portner

Photographe: Prune Simon-Vermot