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20 octobre 2012

Pieds nus sur le sentier Kneipp de Rebeuvelier

Dans le Jura, balade sensitive sans chaussures pour une boucle selon la méthode Kneipp.

les pieds dans l'eau
Le parcours propose en plusieurs endroits de marcher dans l'eau.
Maureen Martinez virevolte entre l'accueil et le petit bar attenant.
Maureen Martinez virevolte entre l'accueil et le petit bar attenant.

C’est d’abord une promenade à l’écoute de ses pieds. Que l’on commence par mettre à nu, à l’entrée de l’Aventure Jura Parc de Rebeuvelier. Sa nouvelle activité, le Sentier Kneipp (lire encadré), a mis du temps à s’ouvrir en raison d’un hiver longtemps tenace. «Mais, depuis le 14 juin, nous nous taillons déjà un joli succès», note Maureen Martinez, qui nous accueille avec un sourire ensoleillé, tout en virevoltant entre l’accueil et le petit bar attenant.

Depuis l’ouverture, nous nous taillons déjà un joli succès
Maureen Martinez

Tout commence donc par un déchaussement de circonstance. Puis il faut descendre quelques marches pour se retrouver en pleine nature, au départ de cette boucle de 2 kilomètres. Un bassin propose d’y plonger les bras jusqu’au coude. Le bon docteur Kneipp croyait beaucoup aux vertus de l’hydrothérapie, et le parcours propose en plusieurs endroits de marcher dedans tout comme des jets pour des massages, à l’eau froide bien sûr, directement issue de la source. Comme, un peu plus loin, des affusions froides aux pieds et aux genoux, bénéfiques apprend-on contre l’hypertension et les maux de tête. De quoi constater que si le sentier peut se pratiquer en short comme en jeans, il vaut mieux pouvoir se découvrir jusqu’aux cuisses.

Quant à la voûte plantaire, qui a testé les massages des pieds se souvient du bien-être ressenti. Il faut s’habituer à déambuler sur une série de surfaces aux sensations très différentes. Les pommes de pin piquent très légèrement, les cailloux offrent un toucher plutôt doux et chaud. Nous croisons une habitante de Delémont venue avec sa fille pour la première fois. «Plusieurs personnes en ont parlé à mon travail. J’ai voulu tester par moi-même.»

Une petite appréhension avant le passage dans la boue

Partout, le bruit apaisant de l’eau qui coule. Nous marchons à nouveau sur des copeaux. Puis, pour la première fois, un passage avec de la boue. «On va attraper tous les microbes», lance Fabienne, une quinquagénaire de Courtételle qui se lance avec une petite appréhension. Etrange sensation, en effet, mais facultative aussi puisqu’il existe un itinéraire bis. Avec son amie, Marie, elles en rient, visiblement ravies de l’expérience un peu régressive.

Un deuxième passage dans la boue

Après avoir rattrapé la forêt et croisé l’entrée du parc d’aventure, un second passage de boue nous attend. Jusqu’à 60 centimètres de profondeur, cette fois. Margaux et Léa débarquent de Neuchâtel. Alors que leurs copains sont suspendus du côté de l’accrobranche, elles ont préféré le calme et la sérénité. «Et puis, toute cette boue, ça fait un bon masque pour les pieds, non?» plaisante l’une des deux jeunes filles. Les bacs se succèdent: Bois, pierres, galets, bouchons de liège, paille, pives, et même verre pilé ou fève de cacao. En prenant son temps, on profite pleinement des différentes sensations offertes durant près d’une heure de balade. Des coins pique-nique comme une place de jeu offrent encore de prolonger l’intrigante expérience dans un cadre idyllique.

Auteur: Pierre Léderrey

Photographe: Christian Aeberhard